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Caen: appel à la grève après le suicide d'un éboueur, licencié pour avoir consommé deux bières

Une semaine après le suicide d'un éboueur dans le Calvados, ses collègues appellent à la grève et envisagent de porter plainte contre son employeur pour homicide involontaire.

En Normandie, les éboueurs de Caen ont déposé un préavis de grève pour ce vendredi afin de rendre hommage à l'un de leurs collègues, Stefano Patry, qui s'est suicidé le 5 juin dernier à l'âge de 46 ans. La veille, il avait reçu sa lettre de licenciement après avoir consommé de l'alcool pendant son service. Les salariés de l'entreprise Coved entendent protester contre leurs conditions de travail et le contexte de ce licenciement.

"C'est dur pour nous de perdre un collègue, c'est très dur", confie un employé sur notre antenne. "On a tous le moral à zéro", assure un autre.

Éboueur depuis 26 ans et père d'un enfant de 18 ans, Stefano Patry s'est donné la mort avec un fusil de chasse dans son garage. Son employeur qui lui reprochait d'avoir consommé, pendant ses heures de travail, deux bières offertes par des riverains qui souhaitaient le remercier, lui et l'un de ses collègues, pour leur engagement pendant le confinement.

"Avant de le licencier, ils auraient peut-être pu lui parler. Ce n'est pas normal et il faut que l'on se batte par rapport à ça. Il faut que l'on aille au dialogue et que l'on avance", estime Yannick Martin, délégué syndical CGT, qui évoque des licenciements et des suicides dans d'autres entreprises de collecte des ordures.

Une plainte pour homicide involontaire envisagée

Outre la mobilisation de ce vendredi, les salariés de l'entreprise Coved organiseront un hommage auquel la direction ne compte pas participer. "On préfère rester en retrait, laisser les gens s'exprimer et respecter le deuil de la famille", explique Jean-François Régé, directeur territorial de l'entreprise

Le représentant de la société estime qu'"on ne peut que prendre la décision de se séparer d'un collaborateur qui conduit un camion poids lourds en état d'ébriété".

Les syndicats et la famille envisagent de porter plainte contre l'employeur pour homicide involontaire.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV