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"Ça se passe en un clin d'oeil": Bode et Morgan Miller témoignent après la noyade de leur fille

Bode Miller et sa femme témoignent après la mort de leur fille par noyade, le 30 juillet 2018 sur NBC.

Bode Miller et sa femme témoignent après la mort de leur fille par noyade, le 30 juillet 2018 sur NBC. - Capture NBC News

Le couple a perdu sa fille de 19 mois en juin dernier, alors que Morgan et Emmy Miller étaient chez des voisins. Les enfants ne se baignaient même pas, mais il n'a fallu que quelques secondes pour que la fillette se noie dans la piscine.

La noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 15 ans en France, la troisième dans le monde. Parmi ceux qui en réchappent, au moins 5% gardent des séquelles neurologiques à vie.

"Ça se passe en un clin d'oeil", témoigne l'ancien champion de ski Bode Miller dans une interview diffusée lundi sur la chaîne américaine NBC. Le 10 juin dernier, sa femme et lui ont perdu leur fille de 19 mois, Emmy. Il n'a fallu que quelques secondes d'inattention pour que la petite tête blonde échappe à la surveillance des adultes et se noie dans la piscine des voisins.

Ce dimanche-là, Morgan Miller et Emmy (un diminutif pour Emeline) revenaient d'un anniversaire, juste à temps pour saluer Bode qui se préparait à emmener sa fille aînée à un match de softball.

Quelques secondes d'inattention

"Il était en train de charger la voiture quand nous sommes rentrées et je l'ai embrassé. D'un coup, Emmy s'est penchée pour lui faire un autre bisou. Cela nous a beaucoup amusés parce que ce n'était pas quelque chose d'habituel chez elle. Donc je l'ai embrassé à nouveau, elle a recommencé et nous avons ri. Je me suis alors détournée pour rentrer à la maison et elle a fait au revoir de la main à son père", se souvient la joueuse professionnelle de beach volley.

La mère et sa fille se sont ensuite rendues chez les voisins, une habitude entre les deux foyers. "C'était un jour normal", insiste-t-elle à plusieurs reprises. "On était assis sur le canapé et elle était en train de jouer devant nous."

Soudain, la pièce semble un peu trop calme à la mère de famille qui demande à ses fils où est passée Emmy. Le temps qu'ils répondent, elle aperçoit un rai de lumière à travers le portail qui mène à la piscine.

"Mon coeur s'est serré, j'ai ouvert la porte et je l'ai vue flotter dans la piscine. J'ai couru et sauté dans l'eau", explique avec beaucoup d'émotion Morgan Miller.

Malgré les premiers secours qu'elle lui a prodigués, un massage cardiaque et l'intervention des secours, la fillette est morte des suites de ses blessures à l'hôpital. Si les médecins ont un temps espéré la sauver, "son cerveau n'avait pas eu d'oxygène pendant trop longtemps", précise Bode Miller.

Bode Miller dénonce un manque de sensibilisation

La noyade "est l'une des principales manières dont vous pouvez perdre votre enfant", martèle l'ancien skieur. "Si c'est le plus gros risque, je veux le savoir. (...) J'ai été à tous les rendez-vous chez le pédiatre et le médecin pour nos enfants. On ne m'en a jamais parlé, pas une seule fois", proteste-t-il aujourd'hui.

"Cela devrait être la première chose dont on parle", abonde Morgan Miller, qui regrette le manque "d'intensité" dans les discussions sur les noyades actuellement. "Vous devez être hyper vigilants", insiste la mère de famille, soulignant à quel point le jour de la noyade d'Emmy était un jour "normal".

Les Miller avaient habitué leurs enfants à l'eau et sécurisé leur propre piscine. "Je pense que nous avons fait de notre mieux avec ce que nous savions", estime aujourd'hui Morgan Miller.

"S'il vous est déjà arrivé de détourner le regard pendant une seconde et de vous dire 'Oh, zut, Charlie est en train d'écrire sur le mur', c'est tout le temps que ça prend", explique en pied de la vidéo la journaliste qui les a interviewées, reprenant les propos de la mère d'Emmy.

"On ne prend pas son livre au bord de la piscine"

"On ne prend pas son livre au bord de la piscine quand on est chargé de la surveillance, parce qu’on ne se rend pas compte à quel point ça peut aller vite", expliquait il y a quelques semaines Laurence Pérouème, présidente de l'association Sauve qui veut, à BFMTV.com. Elle insistait aussi sur le danger de l'effet de groupe chez les adultes, où chacun reporte sa responsabilité sur quelqu'un d'autre.

L'apprentissage de la nage, ou ne serait-ce que des premiers réflexes dans l'eau pour les enfants en bas âge, et la sécurisation des piscines restent primordiaux.

Liv Audigane