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Burkini: la Ligue des Droits de l'Homme poursuivra les maires récalcitrants

Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'Homme,

Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'Homme, - Pierre Andrieu / AFP

Le président de la Ligue des droits de l'Homme a déclaré vouloir poursuivre en justice les maires qui ne respecteraient pas la décision du Conseil d'Etat concernant le port du burkini.

Le Conseil d'Etat a tranché ce vendredi 26 août: l'arrêté dit anti-burkini pris par Lionnel Luca, le maire Les Républicains de Villeneuve-Loubet, est suspendu. Au micro de RTL ce matin, la président d'honneur de la Ligue des des droits de l'Homme, Michel Tubiana, s'est dit satisfait de cette décision. Il a par ailleurs annoncé être prêt à poursuivre les maires qui ne respecteraient pas la décision du Conseil d'Etat. 

"Le Conseil a bien jugé. Il a rappelé que les maires ne détenaient pas des pouvoirs qui leur permettaient de faire tout et n'importe quoi. Mais que notamment ils devaient respecter la liberté de conscience, la liberté d'aller et venir et la liberté personnelle."

Pour Michel Tubiana, "le débat juridique est clos". Le président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme a souhaité "bien de plaisir" aux hommes politiques qui ont appelé l'Etat à légiférer dès la rentrée afin d'interdire le port du burkini en France. "Ce débat n'aurait jamais du s'ouvrir, a-t-il ajouté au micro de RTL, regardez la risée dont nous sommes l'objet partout dans le monde".

"Dans quelle société voulons nous vivre?"

A droite, plusieurs personnalités comme Nicolas Sarokzy, Eric Ciotti ou Eric Woerth, réclament toujours l'interdiction de ce maillot de bain intégral sur les plages françaises.

"Donc, on va interdire le port de la kippa aux Juifs", s'interroge Michel Tubiana. "Et puis demain, on va vous expliquer qu'il va falloir respecter des "dress codes". Dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société de libertés ou une société de contraintes ?"

Les maires récalcitrants poursuivis en justice

Le président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme le répète : "il n'y a pas de lien entre le port de burkini et le terrorisme", en référence à l'argument des opposants à cette tenue qui circule depuis plusieurs semaines.

Malgré la décision du Conseil d'Etat, plusieurs maires, comme David Rachline, Front National à Fréjus, ou Philippe Pradal, Les Républicains à Nice ont annoncé qu'ils maintiendraient dans leur ville l'interdiction du burkini. Michel Tubiana a d'ores et déjà fait part de son intention de poursuivre ces maires s'ils ne respectent pas la décision rendue par le Conseil d'Etat.