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Burger King: des salariés sans-papiers obtiennent gain de cause après l'occupation d'un restaurant

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Employés par une société prestataire de Burger King, des travailleurs sans-papiers ont obtenu le paiement de leurs heures supplémentaires mercredi. Ils occupaient depuis mardi un restaurant de la chaîne à Paris.

En grève depuis mardi dans le restaurant Burger King place de la République, les salariés sans-papiers ont levé leur piquet de grève mercredi.

Salariés d'une société prestataire de Burger King, ils réclamaient le paiement de toutes les heures effectuées et dénonçaient leurs conditions de travail. Ces employés de la société Albiance, étaient chargés de faire le ménage dans plusieurs restaurants de la chaîne de restauration rapide Burger King.

Selon la CGT, qui les soutenait depuis le début, la société Albiance "s'est engagée" à régler toutes les heures effectuées et non payées jusqu'à présent, à réévaluer les contrats de travail de ces salariés, pour les porter à 117 heures par mois au lieu de 78 heures. La société a aussi rempli tous les documents nécessaires en vue d'une régularisation de ces 24 travailleurs sans-papiers.

Des équipements de protection absents

Il était reproché à Albiance de ne pas payer l'intégralité des heures effectuées par les salariés, embauchés pour trois heures par nuit et qui en font "cinq à six" selon la CGT. Les travailleurs disaient aussi ne pas disposer d'équipements de protection, qu'ils doivent acheter eux-mêmes. "Une bonne partie" d'entre eux travaillent par ailleurs avec de "fausses cartes d'identité portugaises ou italiennes", avait indiqué Rémy Picaud (CGT), en estimant que cela "n'arrive pas par hasard".

Outre le paiement des heures et la réévaluation des contrats, un point va être fait sur le matériel mis à disposition des salariés, à l'occasion de réunions dans les différents établissements Burger King où ils travaillent, a précisé Marilyne Poulain de la CGT. Une autre réunion portera sur les moyens de quantifier les éventuelles heures supplémentaires effectuées par les salariés, au-delà des 117 heures désormais fixées par contrat, qu'Albiance s'est également engagée à régler.

La régularisation des salariés sera étudiée

L'Inspection du travail, qui a longuement entendu mercredi après-midi des responsables d'Albiance et de Burger King, et la préfecture "se sont engagées à prendre en compte" les différents documents pour la régularisation des salariés, a ajouté Marilyne Poulain, en jugeant l'issue du dossier "plutôt très positive".

Pour la CGT, qui soulignait la "responsabilité du donneur d'ordres", ce dossier est "emblématique" de "la forte vulnérabilité des travailleurs sans-papiers, démunis d'autorisation de travail et ainsi privés de droits".

C. B avec AFP