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Bien-être animal: 130 ONG réclament la fin de l'élevage en cage 

Chaque année, en Europe, près de 370 millions d’animaux sont élevés en cage, dans un confort rudimentaire, voire inexistant. 130 ONG, dont 20 françaises, veulent y mettre le holà.

La France inaugure ce mercredi le lancement d'une gigantesque campagne pour contraindre l'Union européenne à en finir avec les élevages d'animaux en cage. Derrière cette impulsion, 130 ONG et un objectif: réunir en un an, un million de signatures provenant d’au moins sept pays membres de l’UE. Si les ONG y parviennent, la Commission européenne sera dans l’obligation d’examiner "attentivement" le dossier de l’élevage en cage, puis d’adopter "une réponse officielle".

85 millions d'animaux élevés en cage en France

Chaque année, en Europe, près de 370 millions d’animaux sont élevés derrière des barreaux, comptabilise l'association Compassion in world farming (CIWF) dans un récent rapport sur les élevages en cage. Ces conditions de confinement et d’isolement les privent de tout confort. Dans ces espaces étriqués, des lapins, des canards, des cailles, des poules et des oies peuvent à peine se mouvoir. Les truies ne peuvent même pas se retourner. Une sordide réalité qui concerne, en France, plus de 85 millions d’animaux. 

Ce mercredi, un happening à Paris place de la République marque le départ de la mobilisation européenne. Olivier Falorni, député du Parti radical de gauche, Yannick Jadot, eurodéputé écologiste ou encore Corine Pelluchon, philosophe engagée pour la cause animale, sont présents pour réclamer la fin des cages, principal symbole de l’élevage industriel.

La France est "bien nulle"

Plusieurs pays de l’UE ont pris des mesures pour sortir de l’élevage en cage. L’Autriche, qui a déjà mis fin à l'élevage de lapins en cage, promet de faire de même avec les poules pondeuses d'ici 2020. L’Allemagne prévoit d’y parvenir en 2025. Le Luxembourg y est déjà. La Belgique prend le même engagement concernant les lapins pour 2025. La France, en revanche, est à la traîne. "Bien nulle" même, selon la philosophe engagée pour la cause animale, Corine Pelluchon. 

Et la loi Agriculture et alimentation, votée définitivement à l’Assemblée nationale le 2 octobre, ne devrait pas lui faire rattraper son retard. Des amendements prometteurs avaient été acceptés par l'Assemblée nationale en première lecture, explique Claire Hincelin de CIWF à 20 minutes, mais le Sénat les a biffés. "Nous demandions par exemple un étiquetage obligatoire sur les produits carnés et laitiers indiquant le type d’élevage comme celui qui existe actuellement sur les œufs", détaille-t-elle. L’amendement souhaitant l’interdiction définitive des cages pour les élevages de lapins a également été retoqué.

"Trop de renoncements. Trop de reniements" pour un "texte qui ne sert que les intérêts des lobbys des pesticides et de la maltraitance animale", écrit sur Twitter Olivier Falorni qui a d'ailleurs refusé de voter cette loi.

De leur côté, quelques grandes enseignes s'engagent dans la course au bien-être animal. Carrefour, par exemple, promet de ne plus proposer à la vente d’œufs issus de poules élevées en cage d’ici à 2020 dans ses magasins en France sur sa marque propre. Et d’ici à 2025 pour l’ensemble des fournisseurs de ses rayons. 

Ambre Lepoivre