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Berk: il se pend au travail, son employeur renvoie la corde à sa veuve

Une veuve a reçu par la Poste la corde avec laquelle son mari s'est pendu sur son lieu de travail.

Une veuve a reçu par la Poste la corde avec laquelle son mari s'est pendu sur son lieu de travail. - Capture Twitter @Whainot - Journal La Voix du Nord

Dans le Pas-de-Calais, une femme dont le mari s'est suicidé sur son lieu de travail a eu la mauvaise surprise de recevoir par la Poste la corde avec laquelle il s'était pendu. L'employeur évoque une "erreur regrettable".

Une surprise terrible. Elle voulait récupérer les effets personnels de son mari, qui s'était suicidé sur son lieu de travail à Berck dans Pas-de-Calais, en février.

Lysiane a eu la mauvaise surprise en juin dernier de recevoir dans le colis envoyé par l'entreprise un tee-shirt, des chaussettes, une trousse de crayons... et une corde. Problème: de l'aveu même du patron de l'entreprise, il s'agit bien de la corde ayant servi à son mari pour mettre fin à ses jours, selon La Voix du Nord, qui a révélé l'histoire.

Harcèlement au travail

Tout commence le 28 février dernier. Jean-Michel, ouvrier de production employé dans cette entreprise de fabrication de fibres textiles, est retrouvé mort pendu à 8h10 dans le hangar où il travaillait, raconte le journal régional.

Selon sa veuve, Jean-Michel n'allait pas bien: il avait déposé plainte six mois plus tôt pour harcèlement. Un de ses collègues l'importunait "depuis des années", assure Lysiane à La Voix du Nord.

"Une erreur regrettable"

Après avoir déposé une autre plainte au commissariat, elle tente de faire reconnaître le décès de son mari comme étant un "accident du travail". Une qualification non retenue par l'inspection du travail.

Pour obtenir gain de cause, Lysiane envoie donc de nombreux courriers au directeur de l'entreprise et demande également à récupérer les effets personnels de son mari. C'est alors qu'elle reçoit le colis, qui contient la fameuse corde. Lysiane y voit une tentative "d'intimidation", comme celles que subissaient, selon elle, son mari.

Le chef d'entreprise, lui, évoque une "erreur regrettable": "J'ai eu l'occasion de (lui) présenter mes excuses, à l'oral puis à l'écrit", a-t-il déclaré, interrogé par La Voix du Nord.

Selon lui, les enquêteurs avaient demandé à l'entreprise le jour du décès de rassembler la corde et les effets personnels du défunt, pour d'éventuelles investigations. Seulement, au moment de renvoyer le colis à la veuve, personne n'aurait vérifié le contenu du paquet...

Maxence Kagni