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Bananes et poisson pourris: dans l'Hérault, une habitante camerounaise victime d'actes racistes

Roquebrun (Var) sur Google streetview.

Roquebrun (Var) sur Google streetview. - Google streetview

À Roquebrun, dans l'Hérault, les actes malveillants à l'encontre d'une commerçante originaire du Cameroun se sont multipliés ces dernières semaines. Elle a déposé une main courante.

Roquebrun est un village de l'Hérault digne d'une carte postale, avec ses maisons aux tuiles rouges, son pont de pierre du XIXe siècle et... ses habitants racistes? Une commerçante camerounaise, vivant en France depuis près de 30 ans, assure à France Bleu être victime d'une série d'actes racistes. Elle a déposé une main courante.

Éloigner sa clientèle?

Nadine tient un commerce à Roquebrun, où elle vend des produits culinaires au safran, fabriqués dans une commune voisine. Arrivée dans le village il y a trois ans, elle assure être la cible de multiples attaques et dégradations depuis deux ans:

"Des bananes pourries", "du chocolat en poudre" lancés sur la façade de son commerce", "du poisson pourri" jeté sur son magasin, ou encore "des pots de fleurs régulièrement retrouvés cassés", précise la radio locale.

Des "actes à répétition" faits pour éloigner la clientèle de son magasin et qui "lui sapent le morale", regrette-t-elle, avant d'ajouter: "Ça veut dire que je ne suis pas la bienvenue."

Honte

Alors que son dossier de naturalisation est en cours, cette mère d'une fille de dix ans a d'abord préféré garder le silence. "J'avais honte d'en parler. Je me suis sentie bien seule", a-t-elle confié à France Bleu.

Depuis, des voisins lui ont apporté leur soutien, tout comme la maire de la commune, Francine Marty, et l'ont poussée à déposer une main courante. "S'acharner de cette manière-là, il y a un pas à ne pas franchir! C'est honteux", déplore un habitant à la radio locale.

E.P avec AFP