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Aux prud’hommes pour une pause-pipi

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La société Bigard a averti 13 de ses salariés, jugeant leurs pauses-pipi trop longues. Ceux-ci ont engagé une procédure aux prud’hommes.

13 salariés de l'usine d'abattage et de transformation de la viande Bigard d'Ailly-sur-Somme sont devant les prud'hommes d'Amiens (Somme) ce jeudi. Ils ont engagé une procédure contre leur direction, pour faire reconnaître la légitimité de leurs pauses-pipi.

Ces salariés ont reçu en août un avertissement pour avoir passé trop de temps aux toilettes en dehors de leur temps de pause. Parmi ces salariés, de nombreux représentants de la CGT. La nouvelle direction, arrivée en janvier dernier, affirme qu'il y a eu de nombreux abus. Elle a donc chronométré sur deux jours les temps des pauses-pipi de ces salariés. Entre 3 et 15 minutes en moyenne.

Les salariés expliquent eux qu'ils ne peuvent pas aller plus vite pour des questions d'hygiène. Avant de retourner travailler sur la viande, ils doivent se laver soigneusement les mains pendant une minute, les désinfecter, remettre leur combinaison, passer au lave-bottes. En 1996, des salariés d'une autre usine Bigard avaient obtenu gain de cause.

Gérard, élu CGT, fait partie des 13 salariés qui ont reçu un avertissement. On lui reproche d'avoir pris des pauses-pipi entre 8 et 10 minutes : « On nous a chronométrés sur deux jours, je ne sais pas comment ils ont fait. Au bout de 18 ans de maison, on s'est aperçu que j'allais aux toilettes. Avant, on nous disait « Vous allez aux toilettes, mais faites attention quand même au temps ». Mais maintenant on est sous un régime chinois. Si le travail n'était pas fait, je ne dis pas, ça serait normal qu'ils mettent un coup de serrage aux boulons. Mais là ce n'est pas le cas, le travail est fait. Il faut se mettre à notre place, quand vous êtes dans le froid toute une journée, quand vous allez en pause vous buvez un ou deux café, bah après vous avez envie d'aller aux toilettes. C'est humain ».

La rédaction et Céline Martelet