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Auto-entrepreneurs : concurrence déloyale avec les artisans ?

Le statut d'auto-entrepreneur permet depuis 2009 aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire.

Le statut d'auto-entrepreneur permet depuis 2009 aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire. - -

Le statut d’auto-entrepreneur crée une « concurrence déloyale » avec les artisans selon la ministre déléguée chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Sylvia Pinel. Une « évaluation du dispositif » est étudiée par le gouvernement.

Le statut d'auto-entrepreneur permet depuis 2009 aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître leurs revenus, avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. En avril, pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait cité le fait que « près de 40% des personnes qui se lancent dans l'auto-entreprise ne créeront pas d'activité effective ».

« Une évaluation du dispositif »

Selon la ministre déléguée chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Sylvia Pinel, ce statut d’auto-entrepreneur crée une « concurrence déloyale » avec les artisans. Par conséquent, le gouvernement mène « une évaluation du dispositif ». « Des ajustements seront apportés, une fois ses conclusions connues, et définis en concertation avec les organisations professionnelles représentatives », a ainsi déclaré Sylvia Pinel.

« Une facilité pour dissimuler une partie des revenus »

Alain Griset est président de l'Assemblé permanente des chambres de métiers de l'artisanat. Il estime que le régime d’auto-entrepreneur n’est pas loyal envers l’artisanat et qu’il devrait être révisé : « Lorsque vous faites appel à un carreleur, à un menuisier, vous ne pouvez pas considérer cela comme un petit métier qu’on fait 1h le samedi ou le dimanche. Le régime de l’auto-entrepreneur a été pour l’artisanat un statut déloyal. Il y en a aujourd’hui 900 000 dans ce régime, mais en réalité, ils ne sont que 300 000 à déclarer un chiffre d’affaire. Ce régime de l’auto-entrepreneur permet à certains de dissimuler une partie de leurs revenus ».

« On verse de 18 à 23% de charges »

Cyrille Darrigade est vice-président de la Fédération des auto-entrepreneurs (FEDAE). Selon lui, l’auto-entreprise participe à la croissance : « Il n’y a pas de concurrence déloyale. Quand on est auto-entrepreneur, on verse de 18 à plus de 23% de charges ce qui correspond à l’URSSAF. L’auto-entreprise a permis à chacun un pécule en fin de mois et même pour ceux qui avaient peur de l’entreprise de pouvoir se lancer avec sérénité. Qu’est-ce qu’on veut aujourd’hui dans un pays où il y a 10% de chômeurs et où l’on cherche de la croissance ? Il ne faut pas se tromper de cible dans cet objectif-là ! »

La Rédaction avec Claire Andrieux