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Assassinat des moines de Tibéhirine: un juge français à Alger en octobre

Photographie non datée montrant six des sept moines trappistes de Tibéhirine, en Algérie.

Photographie non datée montrant six des sept moines trappistes de Tibéhirine, en Algérie. - AFP

Le juge Marc Trévidic supervisera l'exhumation et l'autopsie des restes des sept moines, dans l'espoir de faire la lumière sur leur assassinat en 1996.

L'enquête sur la mort des sept moines français de Tibéhirine, en 1996, pourrait progresser à l'automne. Ce mercredi, un des deux juges d'instruction français en charge du dossier a obtenu de l'Algérie le feu vert pour enquêter sur place. Le juge antiterroriste Marc Trévidic est attendu à Alger les 12 et 13 octobre prochains.

Acte terroriste ou bavure?

En novembre 2013, ce magistrat et sa consoeur Nathalie Poux avaient obtenu des autorités algériennes un accord de principe pour assister à l'exhumation des têtes des victimes, enterrées à Tibéhirine, et à leur autopsie. Depuis 18 ans, l'assassinat des sept moines n'a en effet jamais été élucidé.

Les moines avaient été enlevés dans leur monastère, situé à 90 km au sud d'Alger, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. L'Algérie était alors plongée dans la guerre civile. Leur assassinat avait été annoncé le 21 mai dans un communiqué attribué au GIA, le groupe islamique armé, avant que leurs têtes ne soient découvertes. 

Mais outre le GIA, l'enquête française étudie aussi la piste d'une bavure de l'armée algérienne.

Agacement du juge français

Cette année, Marc Trévidic a dû reporter deux fois sa visite à Alger, faute notamment d'avoir reçu une invitation officielle. Le 9 juillet, il ne cachait pas son exaspération. "La justice algérienne a promis que ça se ferait, mais rien ne se passe. Il va falloir savoir si on se moque de nous", a-t-il lancé sur France Inter.

Sur place, l'expertise et l'autopsie seront assurées "par des experts algériens" en présence du juge français, a précisé le ministre algérien de la Justice Tayeb Louh. Un magistrat algérien en charge du dossier doit, de son côté, se rendre en France le 21 octobre.

M. T. avec AFP