BFMTV

Assassinat d'un proche d'Alain Orsoni: Leca condamné à 29 ans de prison

Jean-Bernard Leca a été reconnu coupable du meurtre de Noël Adréani, un proche d'Alain Orsoni, tué en 2009.

Jean-Bernard Leca a été reconnu coupable du meurtre de Noël Adréani, un proche d'Alain Orsoni, tué en 2009. - Stephan Agostini - AFP

Jean-Bernard Leca a été reconnu coupable du meurtre de Noël Andréani, un proche de l'ex dirigeant nationaliste Alain Orsoni, tué en 2009 à Ajaccio.

Jean-Bernard Leca a été condamné vendredi par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à 29 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat en 2009 à Ajaccio de Noël Andréani, un proche de l'ex-dirigeant nationaliste Alain Orsoni.

Une rivalité entre deux bandes rivales

L'avocat général Pierre Cortes avait requis 30 ans de réclusion, évoquant une rivalité entre deux bandes criminelles corses: l'équipe de malfaiteurs du Petit Bar et celle des anciens du Mouvement pour l'autodétermination (MPA), vitrine légale du FLNC canal habituel, incarnée par Alain Orsoni, actuel président de l'ACA, club de foot ajaccien (L2).

L'accusation a justifié cette sévérité "car il n'y a que cela qui paie contre le cycle infernal de la violence assassine dont souffre la Corse. On ne peut pas contempler les bras croisés le massacre en cours, on ne peut pas lever les bras au ciel en signe d'impuissance. Il faut une répression ferme".

Coupable "de ses amitiés'"

L'accusé a toujours contesté être l'homme qui, le 26 juin 2009 au matin, avait tiré à cinq reprises - dont le coup de grâce en pleine tête - sur Noël Andréani, un proche d'Antoine Nivaggioni, lui-même assassiné en octobre 2010, et de Guy Orsoni, tous deux anciens leaders MPA. 

Selon l'accusation, l'exécution de la victime "qui n'était coupable que de ces amitiés" était intervenue dans un contexte de représailles de la part de la bande ajaccienne dite du Petit Bar qui, au premier semestre 2009, avait essuyé quatre actions criminelles faisant quatre morts et un blessé dans ses rangs.

Le premier règlement de compte corse jugé à Marseille

"Je n'avais aucune raison de m'en prendre à Noël Andréani", a opposé Jean-Bernard Leca qui a affirmé ne pas être "dans un esprit de vengeance". Ses défenseurs, Me Pierre Caviglioli et Me Marc-Antoine Luca, ont plaidé l'acquittement, estimant trop fragile "une accusation tenant sur la rumeur ajaccienne". Jean-Bernard Leca avait fait des confidences à plusieurs de ses proches auprès desquels il se vantait d'être l'auteur de l'assassinat.

Cet assassinat dont l'instruction s'est déroulée à la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, très critiquée par les barreaux corses, est le premier de cette série règlements de comptes à être jugé. L'accusé lui-même s'en est pris à cette juridiction spécialisée en matière de criminalité organisée : "Tout cela est fondé sur une construction intellectuelle de la Jirs qui essaie à tout prix de résoudre les affaires en Corse".

Un verdict "logique"

Parties civiles pour la famille de Noël Andréani, Mes Paul et Anna Maria Sollacaro ont qualifié ce verdict de "logique car tous les éléments du dossier conduisaient à Jean-Bernard Leca. On est sur une peine lourde, exemplaire destinée à envoyer le message qu'on ne peut pas tuer impunément, a fortiori si on tue des innocents", ont-ils expliqué.

Cette condamnation "absorbe" celle de six ans d'emprisonnement à laquelle avait été condamné Jean-Bernard Leca par la cour d'appel de Bastia en juillet 2012 pour association de malfaiteurs en vue de commettre un assassinat. A 150 mètres du domicile d'un autre ex-leader du MPA, l'accusé avait été interpellé en pleine nuit, équipé de deux armes de poing et d'une grenade, avec un scooter volé contenant deux bouteilles d'alcool à brûler.

Jé. M., avec AFP