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Annulation d'une vente aux enchères d'objets nazis à Soissons après des protestations

Image d'illustration d'une vente aux enchères

Image d'illustration d'une vente aux enchères - Jeff Pachoud - AFP

"Ce ne sont pas des objets historiques comme les autres, on ne peut pas les banaliser!", s'est indignée une association engagée contre l'antisémitisme.

Une vente aux enchères prévue à Soissons (Aisne) samedi qui devait comporter des objets nazis et avait suscité l'indignation d'une association engagée contre l'antisémitisme, a été annulée, a-t-on appris mercredi auprès de la préfecture.

"Le préfet a été alerté sur l'organisation d'une vente aux enchères à Soissons samedi 9 janvier, proposant à la vente des objets nazis, dont la presse s'est également faite l'écho", a-t-on expliqué à la préfecture de l'Aisne. "La situation a été analysée et des contacts pris à la demande du préfet en vue d'éviter un tel événement. L'organisateur a depuis annulé cette vente", ajoute la préfecture.

"Dégoûtée par l'engouement autour des croix gammées"

Dans un communiqué publié sur son site internet, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) avait accusé des "organisateurs irresponsables de valoriser cette période (le IIIe Reich)". L'association rappelait l'interdiction, par l'article R465-1 du Code pénal, "de porter ou d'exhiber en public des insignes ou emblèmes rappelant ceux portés par les membres d'une organisation reconnue coupable de crimes contre l'humanité".

Elle se disait "dégoûtée par l'engouement autour des croix gammées", des bustes d'Hitler et autres souvenirs du nazisme, alors qu'une nouvelle profanation de cimetière avec des croix gammées a eu lieu il y a quelques jours à Fontainebleau (Seine-et-Marne).

"Ce ne sont pas des objets historiques comme les autres, on ne peut pas les banaliser!", s'est indignée auprès de l'AFP la secrétaire générale du BNVCA, Evelyne Gougenheim, indiquant avoir demandé au parquet et à la préfecture d'agir pour empêcher cette vente.

"Des souvenirs historiques"

"C'est une fausse polémique ! Il n'y a pas d'interdictions légales, on a fait attention à rester dans le cadre de la loi", avait déclaré mardi auprès de France 3 Hauts-de-France Me Bruce Roellens, le commissaire-priseur qui organisait la vente. Si certains symboles nazis sont cachés sur le catalogue, "à partir du moment où (ces objets) sont présentés sur un catalogue, même avec une pastille, il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles!" écrit l'association.

Pour Bruce Roellens, ces objets, sont "des souvenirs historiques. On ne peut pas nier l'histoire". Il explique que les acheteurs sont "soit des musées, soit des collectionneurs. Il ne s'agit pas de nostagliques du IIIe Reich". 

18 lots sur 400 avaient, dans un premier temps, été supprimés de la vente. La plateforme Interenchères.fr, sur laquelle on pouvait retrouver des photos des objets, a fini par tous les supprimer de son site.

Salomé Vincendon avec AFP avec AFP