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Anne Franck, Ben Laden et Staline dans la crèche de l'église de la Madeleine

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- - Capture d'écran Google Maps

Cette installation créée par le sculpteur Samuel Yal a été dégradée.

Cette année, la crèche de l'église de la Madeleine, dans le VIIIe arrondissement de Paris, ne laisse personne indifférent. Comme chaque Noël depuis sept ans, la paroisse a confié le soin à un artiste contemporain d'imaginer sa crèche. Carte blanche a été laissée au sculpteur Samuel Yal.

Son installation, intitulée "Avènement", met en scène l'enfant Jésus en position fœtale, installé dans un nid. Autour de lui, des bras en position de prière et des photos représentant des personnalités marquantes du XXe siècle: Gandhi, Fidel Castro, Staline, Anne Frank, Ben Laden... "C'est tout mélangé parce que c'est pour la paix", analyse une paroissienne interrogée par Le Parisien TV. "Il a fait ça pour que tout le monde se réunisse".

Une photo de Franco barrée

Toutes les figures traditionnelles de la crèche (Joseph, Marie, les rois mages) sont absentes de cette installation qui a déstabilisé certains paroissiens. L'oeuvre a d'ailleurs été dégradée. La photo de Franco a été barrée d'un trait rouge. Comme le note Samuel Yal sur son compte Facebook, les "portraits de Ben Laden, Staline, Pol Pot et Hitler [...] n'ont pas eu, eux, l'honneur de cette distinction."

Dans ce long message posté mercredi 28 décembre, l'artiste est revenu sur la genèse de son projet et l'influence des attentats du 13 novembre sur son travail: " je ne serais pas honnête si je n’abordais pas également l’incidence qu’ont eue sur moi, au moment même où je pensais à ce projet, à l’approche de Noël, il y a un peu plus d’un an, les événements parisiens de Novembre [...] Comment exprimer aujourd’hui ce mystère de Noël sans faire l’impasse sur les soubresauts de l’Histoire qui semblent cruellement nous rattraper?"

Le curé de l'église de la Madeleine "assume" cette crèche, selon France 3. "J’ai déjà reçu des mails injurieux, mais aussi des mails élogieux", a-t-il indiqué avant de préciser que cette installation est avant tout "une méditation sur le mystère de l’incarnation".

Jérôme Lachasse