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Angers: l'auteur d'un tweet, attribué à un élu, démasqué

Un internaute qui avait tweeté en se faisant passer pour un élu sera poursuivi en justice/

Un internaute qui avait tweeté en se faisant passer pour un élu sera poursuivi en justice/ - Michael Coghlan - Flickr CC

Il avait posté un tweet injurieux en se faisant passer pour Jacques Renaud, adjoint au maire de Montreuil-Juigné. Un internaute a été identifié et sera poursuivi pour usurpation d'identité.

Tweeter sous une fausse identité peut conduire au tribunal. Un internaute qui avait publié un tweet injurieux en se faisant passer pour un autre va l'apprendre à ses dépends.

Emis le 22 juillet dernier à partir d'un compte twitter attribué à Jacques Renaud, un adjoint au maire de Montreuil-Juigné, au nord d'Angers, qui n'en possédait pas, le message commentait une photo montrant une équipe de secours tenant un enfant ensanglanté présenté comme palestinien, qu'il comparaît à de "la viande hallal".

Poursuivi pour usurpation d'identité

Il avait déclenché sur la toile un torrent de réactions indignées et hostiles à l'élu angevin. Une page Facebook réclamant sa démission avait notamment recueilli plus de 40.000 likes.

Mais l'internaute indélicat a été identifié et sera poursuivi pour usurpation d'identité, a annoncé jeudi le procureur de la République d'Angers, Yves Gambert, lors d'un point de presse.

L'auteur du tweet est un "jeune adulte", sans emploi au moment des faits, "qui n'appartient à aucune des communautés mêlées au conflit israélo-palestinien" et "qui passe tout son temps soit pour jouer, soit pour surfer ou commenter l'actualité", a indiqué le procureur, qui n'a pas donné plus d'éléments d'identification pour le protéger.

Il encourt un an de prison

Les enquêteurs sont remontés jusqu'à lui via une réquisition transmise à Twitter qui a communiqué fin octobre des informations permettant d'identifier l'adresse IP d'où est parti le tweet.

Il y a environ une semaine, les membres d'une famille de la région angevine ont été entendus, "sans succès". Mais "le lendemain, une des personnes (...) s'est présentée spontanément à la gendarmerie. Elle a reconnu avoir composé le message et usurpé l'identité de Monsieur Renaud", a précisé Yves Gambert.

Aucun mobile précis n'est pour le moment retenu par l'enquête. "L'auteur a indiqué avoir trouvé l'adresse de l'élu par hasard sur le site internet de la commune de Montreuil-Juigné et qu'il ne comprenait pas pourquoi il avait posté ça, sous une identité d'emprunt. Il a qualifié lui-même son geste de bêtise", a ajouté le procureur.

Aucun autre message à caractère choquant ou raciste n'a été trouvé par les enquêteurs qui vont continuer à travailler cependant sur le profil de l'auteur, "un peu déconnecté du réel" et qui ne possède principalement "que des amis virtuels". L'enquête, achevée d'un point de vu factuel, "se poursuit pour mieux cerner essentiellement la personnalité de l'auteur". Le mis en cause va être poursuivi, "à tout le moins pour usurpation de l'identité d'un tiers portant atteinte à son honneur" et encourt, pour ce motif, une peine d'un an d'emprisonnement.

S. C. avec AFP