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Air France: seconde semaine de grève, 4 vols sur 10assurés

Des passagers attendent un vol à Orly le 18 septembre.

Des passagers attendent un vol à Orly le 18 septembre. - Eric Feferberg - AFP

La mobilisation des pilotes ne faiblit pas au début de leur seconde semaine de grève. Seuls quatre vols sur dix seront assurés ce lundi.

La grève à Air France est entrée lundi dans sa seconde semaine. La mobilisation des pilotes est toujours aussi forte. Ainsi environ quatre vols sur dix assurés et aucune sortie de crise en vue malgré les appels au "compromis" du gouvernement.

Le principal syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa, a annoncé samedi, après consultation de ses adhérents, la reconduction de la grève jusqu'au vendredi 26, sans exclure qu'elle puisse se poursuivre au-delà si la "situation de blocage" persiste. Le préavis de grève du deuxième syndicat de pilotes à Air France (Spaf) court pour sa part jusqu'à mercredi.

Le conflit chez Air France est d'ores et déjà le plus long depuis le mouvement social de 1998, qui avait duré dix jours.

Jusqu'à 100% d'annulations, comme à Lille 

Air France prévoit d'assurer lundi 41% de ses vols en moyenne, avec un taux de grévistes de 65%, stable par rapport au week-end et quasi inchangé depuis le début du conflit.

Certains aéroports sont plus affectés, comme Bordeaux qui prévoit 68% d'annulation, et Lille où aucun vol ne doit être assuré.

Dialogue de sourds malgré un appel à un "compromis" du gouvernement

Les syndicats sont opposés au projet de développement de la filiale à bas coûts Transavia proposé par la direction, craignant qu'il ne débouche sur un "dumping social" et des "délocalisations" au détriment des emplois français.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a appelé dimanche à la fin du conflit. "Il faut qu'il y ait un compromis", a-t-il insisté, en écho au Premier ministre Manuel Valls qui la semaine dernière avait appelé les pilotes à "arrêter" leur grève, selon lui "pas comprise".

"Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c'est le sort de la compagnie qui peut être en cause", a poursuivi Alain Vidalies, rappelant qu'Air France est "financièrement fragile".

Le PDG d'Air France KLM, Alexandre de Juniac, avait estimé la semaine dernière que la grève coûte "10 à 15 millions d'euros" par jour à la compagnie, qui "sort à peine la tête de l'eau". 

Samedi, le SNPL, qui selon son président Jean-Louis Barber se sent "trahi par le management", en avait appelé à Manuel Valls, espérant qu'il "aura à coeur de s'intéresser à la sauvegarde de l'emploi français". Le syndicat avait réitéré sa demande de rencontrer le Premier ministre.

"Tentatives d'intimidation" contre les non grévistes selon la direction

Dans un courrier interne à l'ensemble de ses pilotes, la direction d'Air France a fait état dimanche de "tentatives d'intimidation" lui ayant été rapportées à l'encontre des non-grévistes, assurant qu'elle "engagera les démarches nécessaires pour punir celles ou ceux qui se livrent à de tels agissements".

"C'est une grève qui commence à devenir interminable", a déploré ce week-end sur France Info le président de la Fédération des usagers des transports et services publics, Jean-Claude Delarue.

Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur "frustration" et "mécontentement". Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de "reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais.

D. N. avec AFP