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Affaire Leonarda: qui est la famille Dibrani?

Leonarda et deux de ses frères, au Kosovo. La jeune fille a été expulsée avec sa famille le 9 octobre 2013.

Leonarda et deux de ses frères, au Kosovo. La jeune fille a été expulsée avec sa famille le 9 octobre 2013. - -

La jeune Leonarda, expulsée de France le 9 octobre dernier est issue d'une famille Rom kosovare, en France depuis début 2009. Portrait d'une famille qui se dit devenue étrangère dans son pays.

Etrangers dans leur pays, c'est ce que sont devenus les Dibrani, expulsés de France le 9 octobre dernier, après quatre ans et dix mois passés en France. "Des voisins se moquent de nous, ils disent 'voilà des Français qui ne savent pas parler notre langue'", a ainsi expliqué ainsi le père de Leonarda sur BFMTV.

Qui est cette famille, qui ne se sent chez elle nulle part, et surtout pas au Kosovo, son pays d'origine?

> Le père, un homme violent?

Arrêté le 4 septembre à Mulhouse lors d'un contrôle d'identité et placé en centre de rétention à Strasbourg, avant d'être finalement expulsé, le père de Leonarda, Reshat Dibrani, vit de nouveau avec sa famille, à Mitrovica.

L'homme, décrit par des voisins comme violent, a certes eu des démêlés avec la justice pour violence, mais s'était, semble-t-il amendé.

"Il a dit "si la police vient me déloger et m'obliger à partir, je prendrai une bouteille de gaz, que je ferai sauter"", explique Gérard Guinot, porte-parole du comité de soutien aux sans-papiers de la région. "Il élevait toujours la voix, ajoute Gérard Guinot, ce sont des choses qui donnaient une mauvaise impression de Dibrani".

Reshat Dibrani était passé devant le tribunal pour des violences sur ses enfants. "Au Kosovo, le chef de famille avait le droit de taper sa femme, de taper ses enfants", explique Gérard Guinot. Après avoir été confronté à la justice, "il n'a plus jamais levé la main sur ses enfants. Tout s'est bien passé, il n'y a plus eu de problème". "Il ne m'a frappée que deux fois", confirme Leonarda, une fois parce qu'elle était rentrée à 4 heures du matin au lieu de minuit et la seconde fois, parce qu'elle n'avait pas fait ses devoirs.

"Il s'améliore beaucoup, précise Gérard Guinot: il y a deux ans, il attendait les allocations familiales, il n'avait pas envie de travailler. On lui a dit "ce n'est pas comme ça que ça marche en France", il a compris ça et il était décidé à bosser. Le père de Leonarda disposait d'une promesse d'embauche, mais pour une durée de 4 mois seulement.

> Des enfants scolarisés

L'avocate du père de Leonarda explique que l'un des seuls éléments qui plaide pour que la famille Dibrani reste en France, c'est le fait que les enfants étaient scolarisés. Les enseignants du collège avaient ainsi envoyé au préfet un courrier attestant d'un parcours satisfaisant. Si les parents ne maîtrisaient pas le français, leurs six enfants, en revanche, dont le dernier a 17 mois, semblent avoir perdu l'usage de leur langue maternelle. "Je ne sais pas parler cette langue", témoigne Leonarda, évoquant la langue de ses parents.

Marija Dibrani, la grande soeur de Leonarda, âgée de 17 ans, est élève en CAP restauration-hôtellerie, précise Le Parisien, et a un petit ami en France.

> Leonarda: "mon avenir est en France"

La jeune fille, emmenée par la police, alors qu'elle effectuait une sortie scolaire avec sa classe de 3e d'un collège de Pontarlier ne cesse de clamer son attachement à la France. Expulsée vers le Kosovo, son pays d'origine, Leonarda affirme "ma maison, elle n'est pas là. Ma maison c'est en France. En France j'ai tout, j'ai tous mes amis, mon petit ami, mes professeurs, mon école, mon avenir. Je n'ai rien ici, je ne sais pas pourquoi je suis au Kosovo".

Leonarda raconte à BFMTV avoir tracté pour François Hollande: "j'ai laissé des enveloppes, avec mon père et ma soeur, pour que les gens votent pour Monsieur Hollande. Je ne sais pas pourquoi Monsieur Hollande il m'a ramenée au Kosovo".

M.R. avec E. D'Harcourt et F.-X. Ménage et J. Delage