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Accessibilité: les personnes handicapées devront encore attendre

Les établissements publics et les transports auront de trois à neuf ans pour se mettre en conformité (photo d'illustration).

Les établissements publics et les transports auront de trois à neuf ans pour se mettre en conformité (photo d'illustration). - -

Jean-Marc Ayrault a confirmé mercredi de nouveaux délais, entre trois et neuf ans, pour rendre accessibles tous les services publics. L'échéance initiale de 2015 ne sera donc pas tenue.

L'accessibilité des lieux et transports publics aux personnes handicapées, ce n'est pas pour tout de suite. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé mercredi de nouveaux délais, entre trois et neuf ans, pour rendre accessibles tous les services publics. L'échéance initiale de 2015 ne sera donc pas tenue.

La loi de février 2005 "pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" avait pour objectif de rendre les lieux publics et les transports accessibles dans les 10 ans. Mais le gouvernement a reconnu à l'automne dernier que celui-ci ne serait pas atteint.

Pendant plus de trois mois, une concertation a donc été menée sous la présidence de la sénatrice socialiste Claire-Lise Campion, afin de redéfinir les modalités de mise en œuvre de la loi. Celle-ci s'est achevée ce mercredi, avec la définition du nouvel agenda. Pour fixer ces objectifs, une ordonnance est attendue à l'été.

Les petits établissements premiers concernés

Les premiers concernés seront les petits établissements tels que les commerces de proximité, les cabinets médicaux, les pharmacies et les mairies des petites communes. Selon la déléguée ministérielle à l'accessibilité, Marie Prost-Coletta, cela concerne "à peu près 80% des établissements recevant du public". Une fois leur agenda validé par le préfet, ceux-ci auront jusqu'à trois ans pour se mettre en conformité.

Pour les infrastructures plus importantes, le délai ira jusqu'à six ans, voire neuf.

Même règle pour les transports: alors que les transports urbains seront contraints à un délai de trois ans, les transports ferroviaires bénéficieront d'un délai plus important.

Les associations pointent le retard français

Les associations de personnes handicapées, elles, font contre mauvaise fortune bon cœur. "On rentre dans un processus irréversible, contrôlé", se félicite Jean-Louis Garcia, le président de la Fédération des associations pour adultes et jeunes handicapés. Tout en regrettant le retard de la France en matière d'accessibilité sur les pays du Nord de l’Europe: "On a pu noter qu'au moment des jeux paralympiques à Londres que la Grande-Bretagne avait la personne en situation de handicap au cœur de la société".

Pour Alain Rochon, le président de l'Association des paralysés de France, le dispositif est "un pis-aller". Quant à la Fnath, association des accidentés de la vie, elle estime quant à elle que "devant l'échec du non-respect de la loi depuis 40 ans, le gouvernement a sans doute choisi la moins mauvaise des solutions".

M. T. avec AFP