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A Stains, une fresque contre le racisme et les violences policières cristallise les tensions

Pour le maire de la commune, cette oeuvre "n’est en aucun cas une attaque sur l’ensemble des policiers."

A Stains, une peinture murale se retrouve au coeur des tensions. Le syndicat policier Alliance 93 avait appelé à manifester ce lundi après-midi dans cette commune de Seine-Saint-Denis, afin de montrer son mécontentement quant à l'installation d'une fresque dénonçant le racisme et les violences policières.

Finalement, la manifestation a été annulée après que le comité pour Adama a annoncé sa présence, et les forces de l'ordre devraient finalement se retrouver devant la préfecture du département, à Bobigny.

"Contre le racisme et les violences policières"

Réalisée par un collectif d'artistes locaux, elle représente, sur un fond bleu agrémenté de nuages, les visages de George Floyd, mort lors de son interpellation aux Etats-Unis et d'Adama Traoré, jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise. Une phrase les surplombe: "Contre le racisme et les violences policières."

Interrogé par BFMTV, Grégory Goupil, secrétaire national adjoint Île-de-France Alliance Police Nationale, explique les raisons de la colère des policiers.

"On prend ça comme une défiance envers les policiers et l’institution. On trouve cela parfaitement inadmissible, d’autant plus que le maire PCF de la ville de Stains vient l’inaugurer. On ne revient pas sur le côté artistique, mais sur cette phrase qui vient défier les policiers", explique ce dernier.

Pas "une attaque sur l’ensemble des policiers"

Cet appel à manifester a entraîné une réponse de la part du comité Adama, présent jeudi 18 juin pour l'inauguration de l'oeuvre, et qui a également appelé à se rendre sur les lieux. Ces derniers maintiennent leur présence ce jour devant la fresque.

"C’est un geste infâme et injurieux qui représente bien la police française. Effacer le visage de mon frère, c’est nier son existence et celle de tous les autres morts des mains des forces de l’ordre", a martelé Assa Traoré dans une vidéo mise en ligne ce week-end.

Sur BFMTV, le maire de Stains, le communiste Azzédine Taïbi, assure que cette fresque "n’est en aucun cas une attaque sur l’ensemble des policiers", et appelle au dialogue et à l'apaisement.

"Le syndicat a pris cette initiative, et je l’invite à me rencontrer. Cette fresque dénonce les violences policières qui existent et qui ont été approuvées au niveau du plus haut sommet de l’État", conclut-il.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV