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9 femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel

Une manifestation place de la République à Paris contre les violences sexistes et sexuelles, à l'appel du mouvement #NousToutes, le 29 septembre 2018.

Une manifestation place de la République à Paris contre les violences sexistes et sexuelles, à l'appel du mouvement #NousToutes, le 29 septembre 2018. - ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Le mouvement féministe #NousToutes a mené une large enquête sur le consentement dans les rapports sexuels, dont les résultats ont été publiés ce mardi.

D'après la définition du Larousse, le consentement est l'"action de donner son accord à une action, à un projet". Pour son enquête sur le consentement dans les rapports sexuels, le collectif féministe #NousToutes s'est fondé sur la définition donnée par la chercheuse à l'Inserm Nathalie Bajos: "Consentir, c'est s'engager dans une relation ou des pratiques sexuelles lorsqu'on en a véritablement envie soi-même."

Lancée le 7 février sur les réseaux sociaux, l'enquête de #NousToutes a récolté les réponses de 108.947 personnes, dont 96.600 femmes âgées de 15 à 75 ans, en dix jours. "Les réponses des hommes et des personnes non-binaires n'étaient pas assez nombreuses pour être utilisées dans le cadre de l'analyse ou comparées à celles des femmes", précise le dossier de presse.

"Frigide", "coincée", "pas normale", chiante"

Les résultats, publiés ce mardi matin par le collectif et Le Parisien, sont glaçants. En analysant les nombreuses réponses qui ont été formulées, il apparaît que 9 femmes sur 10 indiquent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel, à plusieurs reprises pour 88% d'entre elles. Et 1 sur 6 disent avoir commencé leur sexualité avec un rapport non consenti. 36% d'entre elles avaient moins de 15 ans.

"Les réponses à l’enquête #NousToutes montrent également que les femmes qui commencent leur vie sexuelle par un rapport non désiré et consenti sont bien plus souvent confrontées à des violences dans leur vie sexuelle", analyse le mouvement dans son dossier de presse.

49,1% des femmes répondantes déclarent avoir déjà été visées par des remarques désobligeantes lors du refus d'un rapport sexuel, comme "frigide", "coincée", "pas normale" ou encore "chiante".

2 femmes sur 3 disent avoir subi des actes sexuels non consentis, avec ou sans pénétration. 53,2% font état d'un rapport sexuel avec pénétration non consenti, avec un ou plusieurs partenaires.

En droit français, "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol", dispose l'article 222-23 du Code pénal. Un crime puni de 15 ans de réclusion.

#JaiPasDitOui pour témoigner via les réseaux sociaux

"#NousToutes demande à ce que la question du consentement devienne un sujet politique. Il est à la fois un enjeu d’égalité, de santé publique et une condition nécessaire pour en finir avec la culture du viol comme avec les violences sexistes et sexuelles", plaide le collectif, qui invite les femmes qui le souhaiteraient à témoigner sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #JaiPasDitOui.

Auprès du Parisien, Caroline De Haas, l'une des cofondatrices de #NousToutes, explique vouloir avec cette enquête "créer un débat collectif, inciter à la réflexion individuelle et réclamer au gouvernement une vaste étude sur ce thème, au-delà des jeunes qui nous ont répondu majoritairement".

Clarisse Martin