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691.000 visiteurs au Salon de l'Agriculture: un joli succès sur fond d'inquiétude

Un homme prend une vache en photo au Salon de l'Agriculture 2015.

Un homme prend une vache en photo au Salon de l'Agriculture 2015. - Loïc Venance - AFP

Si, avec 691.000 visiteurs en 2015, le succès populaire du Salon de l'agriculture ne se dément pas, le monde agricole est de plus en plus inquiet sur son avenir.

La 52e édition du salon de l'agriculture s'achève ce dimanche, après neuf jours de débats autour de la modernité, l'innovation et l'industrialisation de l'agriculture. 691.000 visiteurs ont poussé la porte de cet événement international, malgré les attentats de Paris et un plan Vigipirate à son plus haut niveau. "Un beau message de confiance et de passion des Français pour leur agriculture", a réagi Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, sur Twitter.

691 000 visiteurs au #SIA2015, une des plus fortes affluences. Beau message de confiance et de passion des Français pour leur agriculture.
— Stéphane Le Foll (@SLeFoll) 1 Mars 2015

Drones et GPS pour réduire les pesticides

Sur le fond, ce salon s'est déroulé dans une année climat, Paris accueillant la grande conférence onusienne sur le sujet à la fin de l'année. L'agriculture est responsable de 21% des émissions de gaz à effet de serre dans l'Hexagone. Les agriculteurs doivent prendre leur part du problème, notamment grâce aux nouvelles technologies. Drones, GPS ou machines agricoles de précision peuvent par exemple permettre de réduire considérablement l'utilisation d'énergie et de pesticides. A la veille de l'ouverture du salon, le président de la République a aussi enfoncé une porte, affirmant que la France devait "poursuivre" sa recherche publique sur les OGM, lors d'un entretien à Agra presse. François Hollande a assuré vouloir "investir davantage dans la recherche" et "faire de l'innovation un principe fondamental pour notre agriculture", en mobilisant des centres de recherche reconnus internationalement (Inra, Irstea et Cirad).

Deux modèles s'affrontent

Un signal très encourageant pour la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, qui plaide pour une agriculture compétitive, innovante et productiviste. Sur place, les éleveurs ne peuvent que constater les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour le moment."L'agriculture passe un cap très difficile, et les acheteurs, malheureusement, il y en a de moins en moins", explique Alain Pimpin, éleveur de vaches Limousines, sur BFMTV:

Jean-Luc Poulain, directeur du Salon, dresse lui aussi un bilan en demi-teinte: "L'agriculture est interrogative malgré une forte baisse de revenus en 2014, il ne faut pas que cela dure. On espère que cela ne va pas durer et que l'agriculture est prête a relever les challenges de demain si les décisions politiques le lui permettent", a-t-il analysé sur BFMTV.

Mais plusieurs modèles s'affrontent. "L'importance des investissements nécessaires pour rester dans la compétition risque en effet de faire exploser le modèle familial. La tendance serait plus au modèle nord-américain ou brésilien" avec une "financiarisation de l'activité agricole", a souligné par exemple Le Journal de la Haute-Marne. L'agroécologie, chère au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, est aussi jugée avec ironie par Libération "tant sa politique fait la part belle à l'agrobusiness". La présence inédite de l'enseigne à bas prix Lidl sur le Salon a également beaucoup fait parler.

Les chiffres seront communiqués autour de 18 heures. L'an dernier, 703.000 personnes avaient foulé les allées, en faisant le deuxième salon le plus fréquenté de France, après le Mondial de l'automobile.

A. D. avec AFP