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500 migrants à la rue à Saint-Denis: élus et associations tirent la sonnette d’alarme

Aux portes de Paris, près de 500 migrants sont installés au-dessus de l'autoroute A1 à Saint-Denis. La ville et des associations réclament l'aide de l'Etat et dénoncent une inégalité de traitement par rapport à Paris.

La mairie de Paris alerte régulièrement sur la situation des migrants dans les quartiers du nord-est, mais ces campements de fortune ne se limitent pas à la capitale. Avenue Wilson à Saint-Denis, des tentes s'entassent au-dessus de l'autoroute A1. Dans des squares, des baraquements abritent aussi des migrants. Ils viennent majoritairement de Somalie, du Soudan ou encore d'Afghanistan. Ces derniers mois, ils sont de plus en plus nombreux signalent les associations. 

"On se retrouve depuis novembre 2016 avec des campements qui avoisinent les 500 personnes. Un gros camp et trois autres plus petits avec une situation sanitaire, sociale et psychologique catastrophique", insiste Jean-Jacques Clément de Solidarité migrants Wilson. 

A quelques mètres du campement, un collectif prépare et distribue des repas tous les mardis soirs. Là encore, l'association a noté une augmentation de la fréquentation lors des distributions. 

"Cet été en particulier on a vu que ça réaugmentait. Pour vous donner une idée, quand on a commencé l'année dernière on faisait 250 repas fin septembre. A la fin août on était déjà à 500 repas", détaille Philippe Caro de Solidarités migrants Wilson.

"Pas les mêmes moyens que Paris"

A Saint-Denis, même si la cohabitation entre les riverains est pour le moment plutôt calme, cette situation n'est plus tenable. Les associations tirent la sonnette d'alarme et réclament une réaction de l'Etat avant cet hiver. La municipalité dénonce une différence de traitement avec Paris.

"On n'a pas les mêmes moyens humains et financiers", souligne Jaklin Pavilla, première adjointe à la mairie de Saint-Denis, regrettant que les opérations de mise à l'abri des migrants soient moins fréquentes que dans la capitale. 

La mairie de Saint-Denis fait partie des 12 communes à avoir interpellé le gouvernement sur la situation des migrants dans les campements. Ces élus, dont font aussi partie Paris mais aussi Aubervilliers ou encore Ivry-sur-Seine appellent le gouvernement à "une accélération des réponses concrètes". Ils demandent notamment "une répartition territoriale équilibrée des demandeurs d'asile". Dans le nord-est de Paris, France Terre Asile estime à 3.000 le nombre de migrants. 

Simon Azélie, Maïmouna Barry avec Carole Blanchard