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3D: les films et les jeux "déconseillés" aux moins de 6 ans

Une projection en 3D à Saint-Petersbourg en juin 2013.

Une projection en 3D à Saint-Petersbourg en juin 2013. - Olga Maltseva - AFP

L'agence publique de santé Anses met en garde contre le visionnage par des enfants de moins de six ans de tout film ou jeu-vidéo en 3D relief. Une pratique qu'il vaut mieux ensuite limiter jusqu'à l'âge de 13 ans.

Télévision, jeux vidéo, smartphones, tablettes, nos yeux s'épuisent devant les écrans. Une fatigue visuelle à laquelle s'ajoute désormais celle de la technologie 3D en relief qui fait littéralement bondir sujets et objets hors de la scène regardée. Attention danger, s'alarme jeudi l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Dans un avis officiel, l'Anses "recommande" que "les enfants de moins de six ans ne soient pas exposés aux technologies 3D" et que jusqu'à 13 ans, ils en fassent "un usage modéré".

Des effets sanitaires marqués

La raison de cette restriction tient aux "effets sanitaires, plus marqués" chez l'enfant que chez l'adulte, de la technologie 3D. C'est en effet durant l'enfance que le système visuel se "développe activement", ce qui le rend "plus vulnérable", explique l'agence.

Des fabricants comme Nintendo mettent déjà les parents en garde. "L'utilisation de l'affichage 3D par un enfant de six ans ou moins pourrait endommager sa vue", écrit par exemple cette firme japonaise qui conseille aux parents de jeunes enfants de "bloquer" la fonction 3D des consoles.

Une fatigue visuelle accrue due à un "conflit d'accommodation"

La vision d'image en trois dimensions peut se traduire par une fatigue en raison de ce que les spécialistes appellent le "conflit accommodation/vergence". Dans la réalité, pour avoir la perception du relief, les deux yeux "convergent" et font la mise au point (pour avoir une vision nette, ce que les spécialistes nomment "l'accommodation") sur une même zone, un même plan.

Ce n'est pas possible face à des images en trois dimensions: les yeux font la mise au point sur l'image, mais ils "convergent" à un point situé devant ou derrière l'écran, d'où une sensation d'inconfort qui peut se traduire par une fatigue.

Cette "fatigue visuelle" peut entraîner des douleurs autour de l'oeil, une sensation d'oeil sec, une vision double, des maux de tête, des douleurs au cou, voire se traduire par des pertes de concentration, et dans certains cas des vertiges.

Des troubles encore plus dommageables chez les plus jeunes

"Chez l'enfant, en particulier avant l'âge de six ans", peuvent apparaître des "effets sanitaires plus marqués", souligne l'Agence. "Le système visuel de l'enfant serait plus vulnérable" que celui de l'adulte car les stimulations extérieures peuvent "interférer" avec son système visuel en cours de maturation.

L'Agence recommande aussi aux adultes ayant certains troubles visuels (troubles de l'accommodation, de l'équilibre) de "limiter" le visionnage d'images en 3D. Elle conseille enfin à tous les utilisateurs de "ne pas se mettre trop proches" des écrans, de conserver lunettes ou lentilles s'ils en portent et de respecter les consignes des fabricants.

Les lunettes Google glass encore pires

Interrogée par l'AFP, la professeur Béatrice Cochener (CHU de Brest), ophtalmologue spécialiste des questions de 3D, estime pour sa part que "la 3D au cinéma est très contrôlée avec des effets très peu importants et bien maîtrisés".

Pour ce qui est des jeux vidéo, "la plupart des fournisseurs" informent déjà des risques liés à un usage prolongé de la 3D, ajoute cette spécialiste. Elle alerte, en revanche, sur les "risques beaucoup plus importants" des nouvelles "lunettes à réalité augmentée" de type Google glass, susceptibles, elles, de générer des "troubles sensoriels graves".

D. N. avec AFP et Margaux de Frouville, Julien Jacquet, Timothée Le Blanc