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20 euros le PV de stationnement : injuste ?

La comission des finances de l'Assemblée a entériné l'augmentation des contraventions de première catégorie, qui passeraient ainsi de 11 à 20 euros.

La comission des finances de l'Assemblée a entériné l'augmentation des contraventions de première catégorie, qui passeraient ainsi de 11 à 20 euros. - -

Les amendes de première catégorie pourraient passer l'année prochaine de 11 à 20 euros. Ainsi en a décidé la commission des finances de l'Assemblée, qui discutera bientôt la mesure. Une décision qui fait débat. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Les automobilistes habitués aux petites infractions n'ont qu'à bien se tenir : leur note pourrait être bientôt beaucoup plus salée. Les amendes de première catégorie, celles qui sanctionnent les infractions simples au Code de la route, comme les stationnements interdits (mais non gênants), le non-affichage du ticket d'horodateur ou le dépassement d'horaire, devraient être plus chères l’an prochain : 20 euros au lieu de 11 euros actuellement.
La commission des Finances de l’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement au projet de budget 2011. La loi sera examinée à partir de la semaine prochaine dans l’hémicycle, puis au Sénat. Cette augmentation, la première depuis 1986, pourrait rapporter 380 millions d'euros de plus chaque année dans les caisses des collectivités locales et de l'État. Les recettes totales approchent les 600 millions d'euros annuels.
Favorable ou non à cette hausse des PV de stationnement, donnez votre avis dans le forum ci-dessous !

« Parce que beaucoup ne payaient pas leur parking »

Le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez, et le président de l'Association des Maires de France, Michel Destot, justifient cette hausse de 82% par un souci de civisme. Selon eux, l'amende à 11 euros ne joue plus son rôle dissuasif. Ils estiment qu'il s'agit d'une incitation au respect des règles, et non d'une mesure purement fiscale destinée à renflouer les finances publiques.
Ce que confirme Charles de Courson, député Nouveau centre et vice-président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale : « oui, il fallait augmenter parce que beaucoup de nos concitoyens, hélas, ne payaient pas leur parking, se disant "de toute façon je serai pris une fois de temps en temps ; ça me coûtera bien moins cher de payer une amende de 11 euros que de payer des frais de parking". Et je rappelle que les citoyens honnêtes n’ont absolument rien à craindre, parce qu’ils payent normalement leur parking ! ».

« Une augmentation beaucoup trop importante »

Plusieurs députés de la majorité se disent néanmoins farouchement opposés à cette hausse programmée. Le président de l'Assemblée nationale lui-même, Bernard Accoyer, estime que « c'est une augmentation beaucoup trop importante qui touchera ceux et celles qui ont besoin de leur voiture quotidiennement et qui sera particulièrement lourde pour les plus modestes ».

« L’automobiliste va encore combler les caisses de l’Etat »

Quant aux associations de défense des automobilistes, elles ne décolèrent pas depuis l'annonce de la mesure, dénonçant un véritable impôt déguisé et injuste, comme l’explique Rémi Josseaume, président de la Commission juridique de l'association 40 millions d'automobilistes : « non, il ne faut pas l’augmenter, parce que d’une part on nous a expliqué que c’était pour financer le Grand Paris – tous les Français n’ont pas à financer les dépenses des Parisiens. D’autre part, parce que c’est encore l’automobiliste qui va être mis à contribution pour combler les caisses de l’Etat. L’automobiliste est aujourd’hui, non pas un justiciable, mais un contribuable ! ».