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La fraude au président : une arnaque en plein « boom »

La fraude au président : une arnaque en plein « boom »

Vous êtes chef d’entreprise, dirigeant ou vous occupez un poste à fortes responsabilités dans une entreprise du secteur privé ? Méfiez-vous de « la fraude au président », ou fraude aux ordres de virement (FOVI), nouvelle forme d’arnaque ayant le vent en poupe depuis quelques années déjà. Ce mécanisme d’escroquerie a pris une telle ampleur dans le monde entier que le FBI a commencé à s’en inquiéter. Rien à voir ici avec le président de la République, on vous explique tout !

Prudence doit être de mise

Cette escroquerie consiste, pour l’escroc, à se faire passer pour le dirigeant d’une entreprise et à obtenir un virement, de la part d’un des employés de l’entreprise, vers un compte en banque souvent situé à l’étranger. Aux Etats-Unis, le préjudice est estimé à 2,3 milliards de dollars entre 2013 et 2016, selon la police fédérale américaine. Ce n’est pas rien !

Les entreprises françaises : des cibles idéales ?

Selon notre expert, Aurélien Kaous, avocat en contentieux des affaires : « c’est beaucoup moins anecdotique qu’il n’y parait, le préjudice global est estimé en France à 485 milliards d’euros sur les 6 dernières années ». Les fraudeurs s’informent d’abord sur l’organisation de l’entreprise afin de connaître les personnes en charge de la gestion des comptes de l’entreprise et se font passer pour l’un de ses dirigeants.

Pour les fraudeurs, il suffit parfois de se renseigner sur le site institutionnel de l’entreprise. Le site internet permet de puiser des informations sur les dirigeants de l’entreprise et d’usurper leur identité.

Les grandes sociétés du CAC 40 sont généralement plus faciles à atteindre, elles peuvent également être visées plusieurs fois par an tant leur organisation est grande et diversifiée. A titre d’exemple, l’entreprise Michelin a subi un préjudice de 1,6 million d’euros par le biais de cette fraude.

Mais aujourd’hui, les grandes entreprises ne sont plus les seules entités visées par les escrocs, les PME et les TPE figurent également parmi les victimes.

Les principales étapes de la fraude

Notre expert distingue 5 étapes clés, très souvent utilisées par les auteurs de la fraude :

  • 1- « Le fraudeur expérimenté va se faire passer pour un dirigeant » et va tenter d’obtenir, de la part de l’un des employés, un ou plusieurs virements bancaires, sur un compte basé à l’étranger. La plupart du temps, le fraudeur prétexte l’urgence et la confidentialité de l’opération.
  • 2- Le fraudeur va contacter l’employé par email ou par téléphone « en général un comptable de l’entreprise », en tout cas une personne ayant un certain pouvoir décisionnel au sein de la société.
  • 3- Le fraudeur va tenter de convaincre l’employé par divers moyens, « le plus souvent une opération d’acquisition »
  • 4- Le fraudeur va interdire à cet employé d’évoquer cette opération prétextant sa confidentialité.
  • 5- Le fraudeur va donner pour ordre à l’employé de communiquer uniquement par mail, il peut être amené à lui fournir une adresse mail personnelle « soi-disant pour garantir la confidentialité »

Se prémunir contre les risques de fraude

Vous l’avez compris, nul n’est à l’abri de cette nouvelle forme de fraude. Notre expert vous livre ses conseils pour prévenir les risques de fraude au sein de votre entreprise. Tout d’abord, le personnel en charge de la comptabilité doit être sensibilisé et particulièrement informé des risques. Il faut également rassurer le personnel : il ne leur sera jamais reproché d’être trop prudent.

Il est conseillé de mettre en place une procédure de vérification simple et spécifique pour les demandes urgentes, voire un mécanisme de double signature si la demande de virement dépasse un certain montant prédéfini.

La fraude a eu lieu : comment réagir ?

Vous pouvez tenter de récupérer les fonds de différentes manières. Contactez la banque ayant réceptionné les fonds, et prévenez également votre banque : « la coopération interbancaire » peut aboutir à un retour des fonds. Vous pouvez déposer plainte au commissariat de police ou auprès d’une brigade de gendarmerie. Le ministère public peut décider de mener une enquête. Portez-vous partie civile pour obtenir un dédommagement. Enfin, votre banque a peut-être manqué à son obligation professionnelle de vigilance, le cas échéant, vous pouvez tenter de récupérer les fonds perdus auprès d’elle.