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Une greffe de neurones: l'expérience réussie sur un cerveau de souris

Un neurone de rat isolé (photo d'illustration).

Un neurone de rat isolé (photo d'illustration). - GerryShaw - Wikimedia - CC

Une équipe franco-belge a réussi à greffer des neurones sur les cortex endommagés de souris de laboratoires. Si la technique n’est actuellement pas utilisable sur l’homme, elle pourrait à terme soigner les personnes atteintes de lésions cérébrales.

Soigner un cerveau touché par une lésion au cortex, après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un choc physique, par exemple, sera-t-il un jour possible? Une équipe de recherche franco-belge a réussi à greffer des neurones aux cortex endommagés de souris de laboratoires.

Le cortex est une zone particulièrement complexe du cerveau, divisée en plusieurs zones, comme les cortex visuel ou auditif. Jusqu’à présent, quand une de ces zones subit des dégâts, il n’y a aucun moyen de la réparer. La personne touchée doit suivre une longue rééducation, en espérant que son cerveau trouvera un nouveau circuit pour remplir les mêmes fonctions.

Une "première mondiale" pour une greffe de neurones

Mais l’équipe de chercheurs est parvenue à "générer des cellules nerveuses de façon contrôlée et illimitée, et de les transplanter", expliquent-ils dans un communiqué publié par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Selon eux, il s’agit d’une "première mondiale".

L’équipe "s’intéresse particulièrement aux lésions qu’on observe à la suite de lésions, ou chez des patients atteint de la maladie de Parkinson", précise Afsaneh Gaillard, responsable de l’équipe de recherche à l’université de Potiers, sur le site de l’Inserm.

Pas d'application sur l'homme pour l'instant

Avec une greffe qui avait pris chez 61% des animaux, les résultats sont "encourageants, même si ce n’est pas applicable tout de suite au cerveau des patients", reconnait-t-elle: "Avant de pouvoir soigner des humains, il y a encore beaucoup à faire".

Prochaine étape : des tests sur des singes, dont le cerveau est plus proche de celui des humains, explique-t-elle au Figaro : le cerveau humain "est plus grand [que celui des souris, NDLR], donc les neurones greffés devront aller plus loin et projeter de plus grandes connexions axonales."

Joseph Sotinel