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Une étude sur le retour des abeilles en ville lancée à Lyon

Une campagne de recensement et de protection des abeilles sauvages en milieu urbain a été lancée dans l'agglomération lyonnaise, dans le cadre du programme européen Urbanbees. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai

Une campagne de recensement et de protection des abeilles sauvages en milieu urbain a été lancée dans l'agglomération lyonnaise, dans le cadre du programme européen Urbanbees. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai - -

par Catherine Lagrange LYON - Une campagne de recensement et de protection des abeilles sauvages en milieu urbain a été lancée dans l'agglomération...

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - Une campagne de recensement et de protection des abeilles sauvages en milieu urbain a été lancée dans l'agglomération lyonnaise, dans le cadre du programme européen Urbanbees.

Ce projet de 2,17 millions d'euros financé à hauteur de 1,08 million par la Commission européenne, mobilise l'Institut scientifique de recherche agronomique (Inra), l'association Arthropologia, la ville de Lyon, l'université de Lyon et le Musée d'histoire naturelle de Londres.

L'objectif est d'observer durant cinq ans le comportement des abeilles sauvages et autres insectes pollinisateurs en milieu urbain.

Ce programme doit ensuite conduire à l'élaboration d'une modélisation et d'un plan de gestion permettant de favoriser la biodiversité des abeilles sauvages dans les milieux urbanisés.

"Cette recherche est très importante sur le plan scientifique, mais également en termes économiques, puisque dans le monde, un tiers de notre alimentation et trois quarts des espèces cultivées dépendent de la pollinisation", a expliqué mercredi Gilles Buna, adjoint (Vert) au maire de Lyon chargé de l'aménagement et de la qualité de vie.

Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Inra, souligne "un véritable déclin des abeilles". "Ceci est d'autant plus inquiétant qu'elles sont la clé de la biodiversité".

HÔTELS À INSECTES

"Les abeilles sauvages se développent aujourd'hui beaucoup plus en milieu urbain qu'en milieu rural", a-t-il précisé. Les abeilles sont en effet au premier rang des insectes tués par les produits phytosanitaires car elles n'ont aucune résistance aux insecticides.

A l'utilisation des pesticides, les scientifiques ajoutent la monoculture, la fauche des prairies, l'arrachage des haies et la réduction des surfaces cultivées.

Les abeilles trouvent donc refuge en ville où elles subissent moins d'agressions.

"Dans un premier temps, il s'agit d'évaluer l'abondance et la diversité des populations d'abeilles sauvages dans l'agglomération", a déclaré Gilles Buna, "et d'offrir aux abeilles des aménagements favorisant leur nidification".

Des "hôtels à insectes" vont ainsi être installés sur différents sites de l'agglomération lyonnaise pour les accueillir.

"Il s'agira ensuite de mettre en place progressivement une gestion alternative, c'est-à-dire sans produits chimiques, des espaces verts et des paysages dans lesquels ces abeilles sont accueillies", a poursuivi Gilles Buna.

Ce modèle devrait être appliqué dans toutes les grandes villes européennes.

Plus de 400 espèces d'abeilles sauvages ont déjà été recensées dans la ville de Lyon.

Elles seraient un millier en France en plus des abeilles domestiques élevées par les apiculteurs. Au total, 2.500 espèces sont recensées en Europe et 20.000 dans le monde.

Edité par Sophie Louet