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Suspectées d'avoir utilisé des organes de détenus exécutés, 15 études scientifiques désavouées

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Photo d'illustration. - Chandan Khanna - AFP

Jusqu'en 2015, la Chine autorisait l'usage d'organes de détenus exécutés afin de mener des recherches. Depuis, les éditeurs scientifiques désavouent les publications concernées.

Quinze études ont été retirées de la publication ces dernières semaines par deux journaux scientifiques à destination des professionnels, a repéré New Scientist. Le monde scientifique soupçonne que les travaux ont été réalisés sur des organes de personnes non consentantes; dans ce cas précis, de prisonniers chinois.

En février dernier, une étude révélait que sur plus de 400 articles scientifiques, dans 92,5% des cas, les auteurs n'avaient pas pu prouver que les organes étudiés ne provenaient pas de détenus chinois exécutés. Pour 99% des publications, ils n'avaient pas non plus pu prouver le consentement des donateurs.

Depuis 2015, la Chine a cessé de se servir des organes de prisonniers exécutés au profit de la science, en accord avec les conventions internationales - même si des doutes subsistent sur l'application de la loi, rappelle New Scientist.

A la lumière des travaux publiés en février, plusieurs éditeurs scientifiques, garants de la qualité et la justesse des études qu'ils publient, ont fait le ménage dans leurs rangs. Le site Retraction Watch, qui recense les articles scientifiques retirés de la publication dans un souci de transparence, a ainsi dénombré 15 travaux désavoués dans les dernières semaines.

"Avec le recul, il est clair que les donneurs morts étaient des personnes exécutées"

Le très réputé journal PLOS One a recensé huit papiers suspects. Si "les auteurs affirment qu'aucune population vulnérable n'a été impliquée dans leurs recherches et que tous les organes ont été obtenus volontairement", l'éditeur précise qu'ils n'ont pas fourni la documentation nécessaire pour garantir le respect de l'éthique ou les formulaires de consentement des donneurs.

L'éditeur scientifique Transplantation a lui retiré sept papiers de la publication. Après un écrémage des articles suspects, "les auteurs des sept articles restants n'ont pas répondu à notre requête ou n'ont pas validé la source des organes utilisés dans leur étude". Les institutions dont ils dépendaient n'ont pas non plus répondu.

"Il est clair, avec le recul et grâce aux explications postérieures de la Chine sur leurs pratiques, que la plupart des donateurs morts étaient des personnes exécutées", avant un changement de pratiques en 2015, écrit noir sur blanc Transplantation.
Liv Audigane