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Royaume-Uni: les milliers d'élastiques retrouvés sur une île protégée étaient ingurgités par les oiseaux marins

Une mouette en France (photo d'illustration)

Une mouette en France (photo d'illustration) - Joel Saget / AFP

Les scientifiques se trouvaient face à un mystère, après avoir découvert des milliers d'élastiques en plastique sur une petite île inhabitée et protégée située sur la côte ouest du Royaume-Uni. C'est finalement une pollution sur le temps long qui a donné lieu à ce mystère: les oiseaux prenaient les élastiques pour de la nourriture et les régurgitaient sur l'île.

Les scientifiques, d'abord perplexes face à la découverte de milliers d'élastiques en plastique coloré sur une minuscule île inhabitée du sud de l'Angleterre, ont fini par devoir écarter les scénarios dignes du cinéma. En réalité, les goélands et les mouettes auraient trouvé les élastiques dans des champs de fleurs, les auraient confondu avec des vers de terre, et les auraient régurgités sur l'île, comme l'explique The Guardian.

L'île de Mullion est une île de deux hectares faite de roches volcaniques, inhabitée, située sur la pointe de la côte ouest du Royaume-Uni. Elle fait partie du site de Mullion, considéré comme site d'intérêt scientifique. Il y a tant d'oiseaux - cormorans, goélands, mouettes, guillemots - que l'accès à l'île est formellement interdit au public. L'île serait le foyer de l'une des plus grandes colonies de goélands du comté des Cornouailles.

Capture d'écran Google maps
Capture d'écran Google maps © Capture d'écran Google maps

Les oiseaux les accumuleraient depuis des décennies

Des ornithologues du comté de Cornouailles et de l'association de protection de la nature National Trust ont ainsi pu donner une triste explication au phénomène. Le groupe de scientifiques se rend en kayak occasionnellement sur l'île, pour effectuer des relevés du nombre d'oiseaux présents. Dès 2013, ils remarquent des élastiques colorés, mais leurs excursions étant toujours de courte durée pour ne pas gêner les oiseaux, ils ne remarquent pas l'énorme quantité dispersée sur l'île.

Mais cette année, ils ont décidé de revenir observer cela de plus près, et se sont rendus compte de l'ampleur de la pollution de l'île. Les scientifiques ont organisé une expédition de nettoyage, et ont pu récolter des milliers d'élastiques, utilisés pour attacher des fleurs coupées dans des champs d'horticulture. Ils ont aussi trouvé des petites boules de fil de pêche emmêlés, probablement pêchés par les oiseaux puis mal digérés.

"C'est un endroit magnifique, où les gens vont vraiment rarement, mais ça montre comment les hommes ont un impact absolument partout" explique au Guardian Mark Grantham, du groupe d'ornithologues du comté. Selon lui, il est probable que les oiseaux accumulent ces élastiques, qu'ils prennent pour leur nourriture, depuis des décennies, puisque les scientifiques en ont retrouvé des neufs comme de très vieux.

"Les endroits comme l'île de Mullion devraient être des sanctuaires pour les oiseaux marins, donc c'est inquiétant et triste de les voir devenir des victimes de l'activité humaine", a rajouté Mark Grantham. Les goélands ne sont pas une espèce en voie d'extinction, mais leur population décline, menacée par l'activité humaine et le comportement des touristes.

Julia Galan