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Pour préserver la santé de nos végétaux, l'Anses appelle à ne pas rapporter de plantes de l'étranger

Un plan de tomates, à Trémargat, en France, en septembre 2018.

Un plan de tomates, à Trémargat, en France, en septembre 2018. - FRED TANNEAU / AFP

Avec l'intensification des échanges touristiques et commerciaux, de plus en plus de végétaux sont importés vers la France. Ils rapportent parfois avec eux des insectes et virus aux effets destructeurs pour les cultures tricolores.

C’est un appel à la "responsabilité individuelle" que lance l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), alors que se tient en ce moment le Salon de l’agriculture. Dans son message, l’Anses s’adresse aux touristes qui seraient tentés de rentrer de leur voyage avec des plantes exotiques.

"Ne ramenez pas de fruits, de graines, de plants ou de boutures lors de vos voyages! Elles peuvent contribuer à propager des ravageurs et des maladies", avertit l’Anses.

Se prémunir contre les "auto-stoppeurs"

En effet, la verdure venue d’ailleurs est susceptible d’introduire dans l’Hexagone ce que les scientifiques appellent des "auto-stoppeurs". Des insectes et des bactéries comme la punaise diabolique, originaire d'Asie et des Etats-Unis. "Elle s'est introduite dans le secteur arboricole, le maraîchage et la viticulture", explique au Parisien Jacky Bonnemains, le président de l'association écologiste Robin des Bois.

Dernièrement, ce sont les plans de tomates, de piments et de poivrons qui sont victimes d’un virus qui se transmet par les semences, les plants et les fruits infectés. Selon l’Anses, le virus ToBRFV - inoffensif pour l’Homme - peut contaminer jusqu'à 100% des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation, comme les cultures sous serre.

"Nous menons une enquête pour savoir d’où vient le virus. Apparemment, il vient du Royaume-Uni et des Pays-Bas", avait indiqué mi-février sur notre antenne le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume.

Éradiquer les foyers par la destruction des plantes

La maladie du bananier, la mouche orientale des fruits, celle de Panama... Ces maladies et insectes ravageurs apparaissent de plus en plus sur les plans français "à cause de l’intensification des échanges touristiques et commerciaux" qui a entraîné une multiplication de "l’introduction de végétaux", observe auprès de nos confrères Philippe Reignault, directeur de la santé des végétaux à l'Anses.

Le service des douanes liste précisément les plantes, semences, fruits et toutes sortes de végétaux dont le rapatriement est strictement interdit. Il tente ainsi de se prémunir contre ces infections face auxquelles la solution est souvent désastreuse et radicale: il faut passer par la destruction des plantes pour éradiquer les foyers de contamination.

Outre la nécessité de responsabiliser les touristes, les associations de sauvegarde des végétaux recommandent également que "le commerce sur Internet de végétaux soit regardé de plus près par les spécialistes de la cybercriminalité". "La prévention reste le meilleur moyen de lutte contre les maladies des végétaux", conclut l’Anses.

Ambre Lepoivre