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Pour la première fois, un enfant "guérit" du sida

Le cas de ce jeune enfant pourrait changer la pratique médicale actuelle concernant les nouveaux-nés infectés par le VIH.

Le cas de ce jeune enfant pourrait changer la pratique médicale actuelle concernant les nouveaux-nés infectés par le VIH. - -

C'est une première particulièrement encourageante. Un jeune enfant atteint depuis sa naissance du virus du sida a guéri. Son cas a été présenté dimanche par les scientifiques, lors de conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections, à Atlanta, aux Etats-Unis.

Un espoir face à la maladie. Le premier cas de guérison apparente d'un jeune enfant contaminé à la naissance avec le virus du sida (VIH) a été annoncé dimanche aux Etats-Unis, lors de la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie à Atlanta (Géorgie).

Une nouvelle qui conforte l'espoir de pouvoir vaincre cette infection dévastatrice.

Virus affaibli

Le virus n'a pas été complètement éradiqué mais sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les chercheurs.

Comment ? L'enfant avait reçu des antirétroviraux moins de trente heures après sa naissance, soit beaucoup plus tôt que ce qui est normalement fait pour les nouveaux-nés à haut risque d'être contaminés.

Ce traitement précoce explique cette guérison "fonctionnelle" en bloquant la formation de réservoirs viraux difficiles à traiter, selon les chercheurs. Habituellement, les cellules contaminées et "dormantes" relancent en effet l'infection chez la plupart des personnes séropositives dans les quelques semaines après l'arrêt des antirétroviraux.

Traité jusqu'à ses 18 mois

Les tests avaient montré une diminution progressive de la présence virale dans le sang du nouveau-né jusqu'à ce que le virus soit indétectable, 29 jours après la naissance.

L'enfant a été traité avec des antirétroviraux jusqu'à 18 mois, âge à partir duquel les médecins ont perdu la trace du virus pendant dix mois. Pendant cette période, il n'a pas eu de traitement antirétroviral.

Aucun des tests sanguins effectués ensuite n'a détecté la présence du VIH (virus de l'immunodéfience humaine). Seules des traces du virus ont été détectées par des analyses génétiques mais pas suffisantes pour sa réplication.

Vers un nouveau mode de traitement ?

La suppression de la charge virale du VIH sans traitement est excessivement rare, étant observée dans moins de 0,5% des adultes infectés, appelé "contrôleurs", dont le système immunitaire empêche la réplication du virus et le rend cliniquement indétectable, précisent ces virologues.

Selon ux, le cas du jeune enfant apparemment guéri pourrait changer la pratique médicale actuelle en mettant en lumière le potentiel d'un traitement antirétroviral très tôt après la naissance pour ces nouveau-nés à haut risque.

Continuer à traiter les femmes enceintes contaminées

Mais, soulignent ces chercheurs, le premier objectif est la prévention pour empêcher la transmission de la mère à l'enfant. Les traitements antirétroviraux des femmes enceintes permettent actuellement d'éviter de transmettre le virus à l'enfant dans 98% des cas, précisent-ils.

Elle pourrait bénéficier aux quelques 300.000 enfants nés séropositifs chaque année dans le monde pour la plupart dans les pays pauvres où seulement 60% des femmes enceintes infectées avec le VIH bénéficient d'un traitement anti-rétroviral.

Par ailleurs, la seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l'Américain Timothy Brown, dit le "patient de Berlin". Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.