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Nouveau chapitre dans la polémique sur le stockage du carbone

La polémique entre chercheurs sur la possibilité de capter et stocker le carbone se poursuit en Grande-Bretagne à la suite de la diffusion d'un article mettant en doute le potentiel de cette technologie de lutte contre le rejet de CO2 dans l'atmosphère. /

La polémique entre chercheurs sur la possibilité de capter et stocker le carbone se poursuit en Grande-Bretagne à la suite de la diffusion d'un article mettant en doute le potentiel de cette technologie de lutte contre le rejet de CO2 dans l'atmosphère. / - -

par Gerard Wynn LONDRES - La polémique entre chercheurs sur la possibilité de capter et stocker le carbone se poursuit en Grande-Bretagne à la suite...

par Gerard Wynn

LONDRES (Reuters) - La polémique entre chercheurs sur la possibilité de capter et stocker le carbone se poursuit en Grande-Bretagne à la suite de la diffusion d'un article mettant en doute le potentiel de cette technologie de lutte contre le rejet de CO2 dans l'atmosphère.

L'article en question, publié par le Journal of Petroleum Science and Engineering, remonte au mois de janvier, mais en s'en faisant l'écho lundi, le quotidien The Guardian a relancé les débats entre partisans et adversaires de cette méthode.

Le captage et stockage du carbone (CCS) consiste à piéger sous terre du CO2 produit par les centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles.

Certains estiment que cette technologie, qui n'a encore jamais été testée à un stade commercial, est un moyen efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre, facteur du réchauffement climatique.

Mais selon l'article publié par le Journal of Petroleum Science and Engineering, en "injectant" du CO2 dans les nappes aquifères, on augmenterait mécaniquement le niveau de la pression qui y règne, ce qui rendrait rapidement impossible de poursuivre le processus, voire conduirait à rejeter dans l'atmosphère le CO2 "piégé" sous terre, annulant tous les bénéfices attendus de ce processus.

"La physique, ce n'est pas compliqué. Lorsque vous tentez d'injecter un élément dans une formation existante qui est déjà sous pression, la pression augmente encore", explique Christine Ehlig-Economides, chercheuse à l'université A&M du Texas et co-auteure de cet article, contactée lundi par Reuters.

"Le plus souvent, les modèles que les gens utilisent (dans ces recherches) n'en tiennent pas compte", poursuit-elle.

L'article qu'elle a cosigné estimait que pour stocker le CO2 généré par une seule centrale électrique, il serait peut-être nécessaire de disposer d'une nappe aquifère de la taille d'un Etat des Etats-Unis.

Ces doutes ont été balayés lundi par des géologues britanniques qui se réfèrent à des projets tests, notamment en Norvège.

"L'erreur la plus profonde, c'est que le sous-sol n'est pas constitué de boîtes scellées. On sait bien, au contraire, qu'il renferme une couche de plusieurs centaines de mètres de roche poreuse qui conviendrait au stockage du CO2", soulignent ainsi Stuart Haszeldine et Martin Blunt, respectivement chercheurs à l'université d'Edimbourg et au prestigieux Imperial College de Londres.

Ils en veulent pour preuve le projet expérimental de Sleipner, en Norvège. Des millions de tonnes de CO2 y ont été enfouies depuis plus de dix ans sous la mer du Nord, entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Mais pour Christine Ehlig-Economides, ce projet est dérisoire si on le compare aux volumes de CO2 qui seraient en jeu si l'on voulait capter et stocker les émissions de centrales thermiques.

Henri-Pierre André pour le service français