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Les chimistes jubilent: la 7e ligne du tableau périodique des éléments est enfin pleine

Kosuke Morita, le leader de l'équipe de l'institut Riken, arbore un sourire alors qu'il montre le tableau périodique complété avec le nouvel élément 113, lors d'une conférence de presse à Wako, au Japon, le 31 décembre 2015.

Kosuke Morita, le leader de l'équipe de l'institut Riken, arbore un sourire alors qu'il montre le tableau périodique complété avec le nouvel élément 113, lors d'une conférence de presse à Wako, au Japon, le 31 décembre 2015. - Kazuhiro Nogi - AFP

La découverte de quatre éléments par des scientifiques de Russie, des Etats-Unis et du Japon vient d’être validée par les experts internationaux de l'Union internationale de chimie pure et appliquée. Les éléments 113, 115, 117 et 118 ont formellement été ajoutés au tableau périodique des éléments, complétant ainsi son septième rang.

Les manuels de chimie du monde entier vont devoir être mis à jour: quatre nouveaux éléments viennent d’être ajoutés à la table de Mandeleïev, plus communément appelée tableau périodique des éléments.

La découverte des éléments 113, 115, 117 et 118 a été validée le 30 décembre par l’Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA), un organisme scientifique mondial basé aux Etats-Unis qui régit la nomenclature, la terminologie et la mesure de la chimie, indique le journal britannique The Guardian.

Ces éléments sont les premiers à être ajoutés au tableau depuis 2011, quand avaient été reconnus les éléments 114 et 116. Découverts par des scientifiques au Japon, en Russie et aux Etats-Unis, ils viennent finalement compléter le septième rang du tableau.

Eléments 113, 115, 117 et 118

L’UICPA a annoncé qu’une équipe de scientifiques russo-américains issus de l’Institut Unifié de Recherche Nucléaire de Doubna, en Russie et du Laboratoire national Lawrence Livermore, en Californie avait fourni les preuves suffisantes pour revendiquer la paternité de la découverte des éléments 115, 117 et 118. L’UICPA a par ailleurs crédité une équipe de scientifiques de l’institut Riken, au Japon, pour la découverte de l’élément 113, qui avait aussi été revendiquée par les Russes et les Américains.

Kosuke Morita, un professeur de l'Université de Kyushu (sud-ouest du Japon) qui a mené les recherches à l’institut Riken, a dit que son équipe avait maintenant l’intention d’explorer "le territoire inexploré de l’élément 119 et au-delà".

Ryoji Noyori, prix Nobel de chimie et ancien président du Riken, s’est pour sa part réjoui:

"Pour les scientifiques, cela a plus de valeur qu’une médaille d’or olympique."

Nommés dans les mois à venir

Les éléments vont officiellement être nommés dans les mois qui viennent par les équipes qui les ont découverts.

"La communauté scientifique a hâte de voir le tableau qu’elle chérit le plus être finalement complété en son septième rang", a déclaré le professeur Jan Reedijk, président de la division de chimie inorganique à l’UICPA. "L’IUCPA a maintenant entamé le processus de formalisation des noms et des symboles de ces éléments temporairement appelés ununtrium, (Uut ou élément 113), ununpentium (Uup, élément 115), ununseptium (Uus, élément 117) et ununoctium (Uuo, élément 118)."

Les nouveaux éléments peuvent être nommés en référence à un concept mythologique, un minéral, un lieu, un pays, une propriété ou un scientifique, explique le Guardian.

L’élément 113 sera le premier à être nommé en Asie. Kosuke Morita s’est vu attribuer par les organismes scientifiques mondiaux le privilège de le nommer. Il fera une proposition dans le courant de l'année 2016, a précisé l’institut Riken dans un communiqué. Selon l’AFP, le mot "japonium" serait favori.

Existence de quelques fractions de secondes

Le tableau périodique des éléments, aussi appelé classification périodique des éléments chimiques ou table de Mendeleïev (du nom du chimiste russe Dmitri Mendeleïev, qui en a créé la première version en 1869), rassemble les éléments chimiques classés en fonction de leur composition et propriétés chimiques.

Les quatre nouveaux éléments, précise le quotidien britannique, comme d’autres éléments superlourds de la fin du tableau périodique, n’existent que pendant quelques fractions de secondes avant de se désintégrer en d’autres éléments.

Violette Robinet