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Les abeilles ne seraient pas forcément décimées par le Cruiser

Des chercheurs britanniques réfutent une étude portant sur le déclin des abeilles qui a conduit le gouvernement français à interdire l'usage du pesticide Cruiser OSR produit par la société suisse Syngenta. /Photo prise le 11 juillet 2012/REUTERS/Lisi Nies

Des chercheurs britanniques réfutent une étude portant sur le déclin des abeilles qui a conduit le gouvernement français à interdire l'usage du pesticide Cruiser OSR produit par la société suisse Syngenta. /Photo prise le 11 juillet 2012/REUTERS/Lisi Nies - -

LONDRES (Reuters) - Des chercheurs britanniques réfutent une étude portant sur le déclin des abeilles qui a conduit le gouvernement français à...

LONDRES (Reuters) - Des chercheurs britanniques réfutent une étude portant sur le déclin des abeilles qui a conduit le gouvernement français à interdire l'usage du pesticide Cruiser OSR produit par la société suisse Syngenta.

Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a retiré en juin l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR, utilisé pour l'enrobage des semences de colza, en invoquant des risques pour les abeilles.

Cette décision a fait suite à la publication en avril d'une enquête menée par le scientifique français Mikaël Henry qui montrait une augmentation du taux de décès des abeilles exposées à une dose de thiamethoxam, principal insecticide du Cruiser.

Selon des scientifiques britanniques de l'Agence de recherche pour l'environnement et l'alimentation (FERA) et l'université d'Exeter, les résultats de cette étude comportent des failles.

Sans démentir la dangerosité du pesticide sur les abeilles, ils estiment que rien ne permet d'affirmer qu'il provoque la mort de colonies entières d'abeilles, selon leurs conclusions publiées dans le journal Science.

"Nous n'avons pas encore la preuve définitive de l'impact de ces pesticides sur les abeilles et nous ne devrions prendre aucune décision concernant le changement de politique de leur utilisation", estime James Cresswell, qui a mené cette étude.

Lees travaux de Mikaël Henry reposent sur un faible taux de naissances qui ne correspond pas à la réalité, souligne l'écotoxicologue britannique.

"Ils se fondent sur une colonie qui n'augmente pas en taille et d'après ce que nous savons, leur nombre augmente au printemps lorsque le colza fleurit", dit-il.

"Nous savons que les néonicotinoïdes affectent les abeilles mais il n'y a aucune preuve qu'ils provoqueraient un effondrement de la colonie. Quand nous avons refait le calcul avec un taux de naissance réaliste, le risque d'un effondrement de la colonie exposée au pesticide a disparu."

Les populations d'abeilles ont fortement et mystérieusement décliné ces dernières années dans le monde, un phénomène déstabilisant pour l'écosystème qui a renforcé les critiques contre l'utilisation massive des pesticides.

La France est le premier pays en Europe à avoir interdit le Cruiser OSR et plusieurs autres pays mèneraient des réflexions sur l'interdiction de pesticides.

Chris Wickham, Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

REUTERS