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Le PS défend la retraite à 60 ans, "Strauss-Kahn ou pas"

Les socialistes défendent le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, malgré les préventions de Dominique Strauss-Kahn qui refuse tout "dogme" en matière de réforme. /Photo d'archives/REUTERS/Miro Kuzmanovic

Les socialistes défendent le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, malgré les préventions de Dominique Strauss-Kahn qui refuse tout "dogme" en matière de réforme. /Photo d'archives/REUTERS/Miro Kuzmanovic - -

PARIS - Les socialistes défendent le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, malgré les préventions de Dominique Strauss-Kahn qui...

PARIS (Reuters) - Les socialistes français ont défendu vendredi le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, un "dogme" auquel Dominique Strauss-Kahn préfèrerait déroger.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a pris jeudi soir à contre-pied le projet socialiste de réforme des retraites, qui prévoit de ne pas toucher aux 60 ans, un acquis du premier septennat de François Mitterrand.

"Si on arrive à vivre cent ans, on ne va pas garder la retraite à 60 ans", a dit l'ancien ministre de l'Economie sur France 2.

Jean-Christophe Cambadélis, l'un des principaux lieutenants de Dominique Strauss-Kahn au PS, s'est attaché à gommer toute contradiction entre ces propos et les propositions du PS.

"Dominique Strauss-Kahn est dans son rôle: il est au FMI, il parle du FMI et de l'allongement de la vie et de la vieillesse. Le Parti socialiste est dans le moment présent", a-t-il dit sur LCI.

"Avant qu'on soit tous à cent ans, il y a quand même quelques années qui vont se passer", a relativisé le député parisien, estimant que le PS avait raison "d'essayer de trouver un autre chemin qu'un seul élément sur lequel le gouvernement veut jouer, à savoir la retraite à 60 ans".

En présentant ses propositions sur les retraites mardi, le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a promis qu'elle se battrait "de toutes ses forces" pour ne pas relever l'âge légal.

Le projet du PS prévoit également de ne pas allonger la durée de cotisation avant 2025 et de créer une série de taxes sur les revenus du capital pour financer les régimes de retraite.

Sur RTL, Pierre Moscovici a insisté sur la différence entre âge légal et âge moyen de liquidation de la retraite, qui est en France de 61,5 ans.

BAROIN APPLAUDIT, LE PCF SE DÉSOLE

"L'âge effectif de la retraite, oui, doit pouvoir être reculé", a expliqué le député du Doubs. "Mais "Dominique Strauss-Kahn ou pas, je le dis de la manière la plus claire qui soit, je défends l'âge légal de la retraite à 60 ans".

Pour François Baroin, Dominique Strauss-Kahn a fait preuve de "bon sens", contrairement aux autres socialistes.

"Je pense que tous ceux qui nous écoutent peuvent se dire : 'tiens Strauss-Kahn, il est intelligent'", a dit le ministre du Budget sur Europe.

Comme Dominique Strauss-Kahn lui-même jeudi, Jean-Christophe Cambadélis a réfuté tout penchant libéral chez l'ancien ministre du gouvernement Jospin, classé en tête des présidentiables socialistes.

"Quand on veut taxer les banques, réguler le marché mondial on n'est pas libéral, on est keynésien. Dans le monde actuel, il faut de la régulation, c'est son grand combat", a-t-il expliqué.

Pour le Parti communiste, entre les mesures d'austérité imposées à la Grèce et ses propos sur les retraites, "DSK met ses pas dans ceux des libéraux de tout poil qui n'ont qu'une obsession: en finir avec les droits sociaux pour donner des gages aux marchés".

Invité de l'émission "A vous de juger" sur France 2, qui a annoncé avoir battu son record d'audience, le directeur général du FMI a demandé qu'on le "laisse travailler" sans évoquer la prochaine élection présidentielle française.

Il a également prévenu que personne "n'était autorisé à parler en (s)on nom" alors que les sondages le donnent favori pour battre Nicolas Sarkozy en 2012.

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y avait tellement de Strauss-Kahniens qu'on n'était pas loin de l'apéro géant", a raillé Jean-Christophe Cambadélis, qui ne s'est pas senti visé par la mise en garde. "Il était temps de mettre de l'ordre"

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse