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La sonde Voyager 2 nous raconte l'espace interstellaire, 41 ans après le début de son voyage

Une illustration montrant la localisation de Voyager 1 et Voyager 2 à la frontière du système solaire, en décembre 2018

Une illustration montrant la localisation de Voyager 1 et Voyager 2 à la frontière du système solaire, en décembre 2018 - HO - NASA - JPL-CALTECH - AFP

La Nasa a eu la confirmation que cette sonde spatiale lancée en 1977 avait quitté le système solaire il y a un an, sept ans après sa jumelle, Voyager 1.

Après 41 années de voyage et presque dix-huit milliards de kilomètres parcourus, la célèbre sonde Voyager 2 a quitté la bulle protectrice du Soleil, le 5 novembre 2018 très précisément. Elle est ainsi entrée dans l'espace interstellaire il y a un an jour pour jour, et livre désormais de précieuses observations sur la frontière entre ces deux mondes. 

"La frontière est très nette, Voyager 2 l'a traversée en moins d'une journée", explique à l'AFP John Richardson, l'un des coauteurs des cinq études consacrées lundi aux données fournies par la sonde américaine.

Des sondes remplies de messages à destination des extraterrestres

Voyager 1 et sa jumelle Voyager 2 ont été lancées le 20 août 1977 de Cap Canaveral, en Floride. Depuis, les deux sondes baladent dans l'espace un message de paix, un enregistrement du chant des baleines, la chanson Johnny B. Goode de Chuck Berry, du Jean-Sébastien Bach... Le tout au nom de l'humanité et à destination d'extraterrestres.

Si les sondes venaient à en croiser, ces derniers pourraient également y découvrir des formules mathématiques ou les images d'une femme qui allaite, d'un repas chinois ou encore de l'intérieur d'une usine. Voyager 1 et 2 contiennent également des indications pour trouver notre planète.

Mais en attendant ces hypothétiques rencontres, Voyager 1 et 2 fournissent de précieuses informations aux Terriens. Les deux bolides sont en effet les deux constructions humaines à s'être le plus éloignées de la Terre.

"Nous ne savions pas que la sonde pourrait fonctionner assez longtemps"

Les vents de particules soufflant de la couronne solaire à plus de 500 kilomètres par seconde créent une sorte de bulle protectrice (appelée l'héliosphère) autour du système solaire, en repoussant les rayons cosmiques provenant du cosmos. Or le 5 novembre 2018, sept ans après Voyager 1, Voyager 2 est passée de l'autre coté de ce bouclier, traversant l'héliopause, la limite au-delà de laquelle le vent solaire n'a plus d'effet, et laisse place à l'espace interstellaire, plus dense et plus froid.

La sonde a pu pour la première fois mesurer la température, la densité et la vitesse des vents solaires et interstellaires, ainsi que caractériser les champs magnétiques ou les rayons cosmiques, une aubaine tant la nature de cette frontière reste un mystère.

"Nous ne savions pas que la sonde pourrait fonctionner assez longtemps pour atteindre le bord de la bulle, en sortir et pénétrer dans l'espace interstellaire", se réjouit Ed Stone, coauteur des travaux publiés dans la revue Nature Astronomy.

Si certaines observations confirment ce que Voyager 1 avait observé ou ce que les chercheurs avaient théorisé, d'autres bousculent nos connaissances. Le fait, par exemple, que la direction du champ magnétique reste stable. "Une énigme majeure" pour John Richardson du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Une découverte qui va, sans aucun doute, mettre à l'épreuve les théoriciens, s'amuse Leonard Burlaga du NASA Goddard Space Flight Center. Le milieu interstellaire, proche de la frontière, s'est également révélé beaucoup plus chaud que ce que les modèles prévoyaient.

Toutes les photographies prises par Voyager 1 et 2 sont visibles sur le site de la Nasa.

Juliette Mitoyen avec AFP