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La Polynésie commémore les 50 ans du premier essai nucléaire

Un essai nucléaire photographié en 1971 à Moruroa, en Polynésie française.

Un essai nucléaire photographié en 1971 à Moruroa, en Polynésie française. - AFP photo (archive)

Près d'un millier de Polynésiens ont commémoré les 50 ans du premier essai nucléaire, effectué en 1966 à Moruroa. La cérémonie s'est tenue samedi à Papeete, (dimanche à Paris).

193 essais nucléaires ont été réalisés par les autorités entre 1966 et 1996 à Moruroa et Fangataufa, en Polynésie française. 50 ans après le premier essai, qui a eu lieu le 2 juillet 1966, près d'un millier de personnes étaient réunies à Papeete samedi (dimanche à Paris) pour en dénoncer les conséquences. Toute la semaine précédant cette cérémonie de commémoration, les associations anti-nucléaires avaient marché autour de Tahiti en signe de protestation. Sur le front de mer de Papeete, devant le mémorial des essais nucléaires, ces militants ont ensuite été rejoints par plusieurs personnalités politiques. 

Parmi elles, le leader indépendantiste Oscar Temaru, qui s'est toujours opposé à ces essais. Plusieurs autonomistes de premier plan, comme le président de l'Assemblée de la Polynésie française et les ministres de la Santé et de l'Environnement, se sont joints à cette commémoration, un fait assez rare pour qu'il soit souligné. Des représentants des Eglises protestante et catholique étaient également présents. 

Révision de la loi Morin et construction d'un musée

Ce rassemblement a été l'occasion pour les vétérans des sites d'expérimentation nucléaire d'exprimer leurs attentes, en particulier concernant la loi Morin. Elle devait permettre aux vétérans touchés par des maladies dues aux radiations d'être indemnisés, mais la plupart des dossiers sont actuellement rejetés, et moins de 2% des procédures d'indemnisation aboutissent. Ils souhaitent donc une révision de cette loi. 

Lors de sa venue en Polynésie en février dernier, le Président Hollande avait pris une série d'engagements liés au nucléaire, notamment sur l'amélioration du processus d'indemnisation. 

Aujourd'hui, les militants anti-nucléaires espèrent aussi faire connaître cette part d'ombre de l'Histoire en créant un musée.

Charlie Vandekerkhove avec AFP