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La patte "en l'air", Philae envoie des images spectaculaires de la comète

La première image de la comète Tchouri envoyée par le robot Philae.

La première image de la comète Tchouri envoyée par le robot Philae. - ESA - Rosetta - Philae Siva

Le robot laboratoire Philae, arrivé mercredi sur la comète Tchouri après dix ans de voyage, a envoyé ce jeudi ses premières photos prises sur place. Si l'atterrissage s'est bien passé, l'appareil ne serait pas bien positionné sur la comète et se trouverait dans une zone rocheuse.

Et maintenant, les images. Au lendemain de son atterrissage historique sur la comète Tchouri, le robot laboratoire a envoyé ses premières photos prises depuis la comète, a annoncé l'Agence spatiale européenne sur Twitter. Peu après, l'Elysée a félicité l'Agence et CNES "pour cette performance exceptionnelle". Le président François Hollande "vient de découvrir avec beaucoup d'émotion et immensément de joie les premières images", pouvait-on lire dans le communiqué. "Cette mission illustre l'ambition et l'excellence de l'Europe quand elle se projette vers l'avenir".

En effet, pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, l'Europe a posé en douceur mercredi un petit robot, Philae, à la surface d'une comète, couronnement d'une aventure spatiale entamée il y a dix ans. Philae a été emmené jusqu'à la comète Tchouri, à 500 millions de kilomètres de la Terre, grâce à la sonde Rosetta, lancée en 2004. Philae est doté de six caméras et prend des photos dans plusieurs directions. Sur l'une, on peut voir le ciel, sur une autre le sol, sur une autre encore une falaise. 

"Sur une pente fortement inclinée"

Le robot Philae fait ce jeudi l'objet d'un check-up pour vérifier son arrimage au sol et l'état de ses instruments après un atterrissage mouvementé. Quelques instants après avoir annoncé l'atterrissage réussi de Philae, mercredi, l'Agence spatiale européenne a en effet indiqué que le robot rencontrait des difficultés pour s'ancrer dans le sol de la comète, suscitant des inquiétudes quant à la bonne poursuite de sa mission. Peu avant midi, ce jeudi, l'Agence spatiale française a indiqué que Philae "fonctionne bien", mais se trouve sans doute "sur une pente fortement inclinée".

"Les analyses magnétiques révèlent que Philae a effectué trois atterrissages à 15h33, 17h26 et 17h33 GMT", avait annoncé ce jeudi matin l'Agence spatiale européenne dans un tweet. La veille, l'ESA avait déjà évoqué l'éventualité d'un double atterrissage. Le non-déclenchement des harpons du robot laboratoire ne se seraient pas activés, ce qui aurait provoqué ces rebonds.

Coincé dans une zone rocheuse

"Philae ne bouge plus", a indiqué ce jeudi Marc Pircher, directeur du CNES Toulouse, lors d'une conférence de presse. "On a pu découvrir qu'il a rebondi, il a fait plusieurs rebonds sur la comète", a-t-il confirmé. "De fait, Philae n'est plus du tout à l'endroit où il s'est posé, il a parcouru une distance d'un kilomètre en rebondissant". Ce n'est pas du tout un site qu'on aurait retenu (pour l'atterrissage, NDLR) car il ne voit pas le Soleil, donc Philae n'a pas une énergie extraordinaire", a précisé Marc Pircher, ajoutant qu'il n'y a, a priori, "rien de cassé" et que Philae "est vivant, et ça marche". 

Selon le CNES Toulouse, le robot est "coincé dans une zone assez rocheuse", "ne bouge plus", et ne serait pas posé à plat sur ses trois pieds mais "de travers", ce qui expliquerait aussi le manque de Soleil.

"Trois bonnes nouvelles"

Mais les responsables du programme européen restent optimistes, car ils ont un contact radio avec le robot et celui-ci n'a pas de problème d'énergie, grâce au bon fonctionnement des panneaux solaires. "Philae a passé la nuit sur la comète et nous avons eu trois bonnes nouvelles: la première, c'est que Philae est posé sur le noyau de la comète", a ainsi indiqué le directeur du CNES, Jean-Yves Le Gall, sur Europe 1, ce jeudi matin.

"Deuxièmement, Philae reçoit de l'énergie, ses panneaux solaires sont allumés et lui permettent donc d'envisager un futur. Et troisièmement, nous sommes en contact permanent avec Philae puisque Philae émet et envoie des informations à Rosetta et ensuite Rosetta, qui est en orbite, nous les retransmet", a-t-il ajouté.

Adrienne Sigel