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La guerre en Syrie contraint au premier retrait à la réserve mondiale des semences

L'entrée de la Réserve mondiale des semences du Svalbard, en Norvège.

L'entrée de la Réserve mondiale des semences du Svalbard, en Norvège. - Larsen, Hakon Mosvold / SCANPIX NORWAY / AFP

Première historique, une demande de restitution d'une partie des graines déposées dans cette chambre forte conçue pour préserver la biodiversité des cultures végétales a été formulée par un organisme scientifique autrefois basé en Syrie.

Située sur l'île norvégienne du Spitzberg, la Réserve mondiale des semences du Svalbard est à l'épreuve des cataclysmes, que ceux-ci soient d'origine humaine ou naturelle. Ce site hautement sécurisé doit permettre, coûte que coûte, de préserver la biodiversité. Depuis son inauguration en 2008, cette banque génétique globale n'avait fait l'objet que de dépôts de semences issues de différents pays à travers le monde. Or, pour la première fois, une demande de retrait a été formulée par un organisme scientifique, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda).

Autrefois basé à Alep, en Syrie, l'Icarda est membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale. Pour fuir la guerre, il a dû déménager à Beyrouth, au Liban. Il réclame aujourd'hui la restitution de 130 des 325 échantillons entreposés depuis 2012 dans le bunker nordique. Une fois les formalités administratives terminées, les graines rejoindront donc le Moyen-Orient.

Les graines seront à nouveau renvoyées au Svalbard

"La banque génétique (Icarda, ndlr) nous a demandé de leur envoyer dès cet automne une partie des graines afin qu'ils puissent les cultiver et les récolter. Ensuite, ils nous renverront les nouvelles graines obtenues, pour reconstituer leur stock de sauvegarde", a expliqué le ministre de l'agriculture norvégien Sylvi Listhaug au site Local.no. L'Icarda affirme avoir entreposé des copies de 87% de ses semences au Svalbard.

Si un retour des graines en Norvège est bien au programme, le retour de l'Icarda en Syrie semble en revanche compromis. "Je ne les vois pas revenir en Syrie dans un avenir proche. Je pense qu'il vont réinstaller cette banque génétique dans deux endroits: le Maroc et le Liban", a avancé auprès d'ABC Australia Cary Fowler, fondateur de la Réserve mondiale du Svalbard.

D. N.