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La CFDT réclame un "Grenelle des retraites"

Jean-Louis Malys, responsable des retraites de la CFDT, a déclaré que l'organisation syndicale, qui tient son congrès début juin, refusait le statu quo en matière de réforme des retraites mais que les pistes sur lesquelles travaille le gouvernement n'étai

Jean-Louis Malys, responsable des retraites de la CFDT, a déclaré que l'organisation syndicale, qui tient son congrès début juin, refusait le statu quo en matière de réforme des retraites mais que les pistes sur lesquelles travaille le gouvernement n'étai - -

par Laure Bretton PARIS - La CFDT, qui tient son congrès début juin, refuse le statu quo en matière de réforme des retraites mais les pistes sur...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - La CFDT, qui tient son congrès début juin, refuse le statu quo en matière de réforme des retraites mais les pistes sur lesquelles travaille le gouvernement ne sont ni justes, ni durables, a déclaré Jean-Louis Malys, responsable des retraites de l'organisation.

Seul syndicat à avoir soutenu la réforme de 2003, la confédération dirigée par François Chérèque n'a pas encore présenté de contre-propositions précises mais refuse ce qu'elle présente comme un "passage en force" du gouvernement.

Telle qu'elle commence à apparaître, la réforme souhaitée par la majorité est une "occasion manquée, voire l'expression d'une certaine forme de lâcheté", a déploré Jean-Louis Malys lors d'une conférence de presse de la Fondation Terra Nova, à Paris.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, qui doit dévoiler les grandes lignes de sa réforme vers la mi-juin, a confirmé vendredi que le gouvernement entendait jouer sur le levier de l'âge légal, provoquant des vives réactions dans les rangs des syndicats et de l'opposition.

François Chérèque a dénoncé une réforme "pour cadres supérieurs", pénalisant les plus modestes, qui ont souvent commencé à travailler très tôt.

Au soir d'une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle, le dirigeant de la CFDT a concédé jeudi qu'il n'y avait pas eu "raz-de-marée" mais il a dénoncé, à l'instar de la CGT, le "mépris" du gouvernement qui a interprété les chiffres de participation comme la validation de sa méthode de réforme.

"Prenons quelques mois de plus, il le faut", a insisté François Chérèque.

CONGRÈS DÉLICAT

Pour remettre à plat le système", "il faut faire un Grenelle des retraites", a renchéri Jean-Louis Malys vendredi. Sinon, a-t-il prédit, "dans cinq ans, il faudra tout recommencer".

Faire passer l'âge légal de 60 à 62 ans, c'est "juste déplacer le totem de l'âge" alors qu'il faut une réforme globale, a-t-il dit.

A ses yeux, le gouvernement a accéléré le pas sur la réforme des retraites, qui ne faisait pas partie des engagements de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, parce qu'il veut pouvoir dire qu'il agit contre les déficits, quels qu'ils soient.

La droite utilise les retraites parce que cela touche moins son électorat, que le chef de l'Etat en a besoin pour l'inscrire dans le bilan de son quinquennat et parce que "tant qu'on parle des retraites, on ne parle pas de la crise", analyse-t-il.

Si elle défend les 60 ans comme âge légal de départ à la retraite, la CFDT refuse pour autant tout statu quo.

"On sait mieux que personne ce que ça nous a coûté d'être pour la réforme", fait valoir Jean-Louis Malys en allusion au compromis de 2003 par lequel la CFDT a approuvé l'augmentation de la durée de cotisation pour obtenir une pension à taux plein.

"Nous voulons réfléchir aux conditions dans lesquelles on peut envisager d'allonger la durée de cotisation", ajoute-t-il, prévoyant un débat interne "difficile" sur ce thème lors du congrès de Tours, du 7 au 11 juin.

En 2003, la décision de soutenir la réforme Fillon, qui allait à contre-courant du reste des syndicats, avait provoqué le départ de nombreux militants de la CFDT, notamment à la SNCF.

Edité par Yves Clarisse