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L'Essonne n'en a pas encore fini avec les inondations

Alors que la décrue s'est amorcée dans toutes les régions touchées par les inondations, seule l'Essonne reste sous la menace d'un possible sinistre. Le département subit la crue de la rivière éponyme, qui est montée de dix centimètres entre lundi et mardi.

Alors que la Seine a amorcé sa décrue, la rivière Essonne, qui traverse le département du même nom, est le seul cours d'eau dont le niveau continue de monter mardi. Face au risque d'inondations, les habitants des villes bordant la rivière s'inquiètent et font tout pour protéger leurs maisons, en dressant notamment des sacs de sable en guise de barrière. Leurs tentatives pourraient cependant s'avérer infructueuses face à la violence de cette crue tardive.

En temps normal, le débit de l'Essonne est de 4 mètres cube par seconde, mais il dépasse actuellement les 40 mètre cube par seconde, et pourrait encore augmenter. Pour éviter de voir certaines personnes tout perdre, les maires des communes touchées ont anticipé les inondations. Karl Dirat, le maire de Villabé, a notamment pris la décision de faire quitter les lieux aux populations en danger.

"On a évacué 42 personnes dès mercredi dernier, ce matin j'ai pris la décision d'évacuer deux immeubles, ce qui représente 80 personnes, que nous sommes en train d'accueillir dans un gymnase", rapporte-t-il.

Ecouler l'Essonne dans les marais

Les maires comptent également sur les quarante ouvrages hydrauliques du département permettant l'écoulement de l'eau pour freiner l'afflux de l'Essonne. Chaque système déverse de l'eau dans les marais alentours.

"Il y a déjà 200.000 mètres cube d'eau qui ont été étalés. L'objet va être de tamponner, on n'arrêtera pas la crue mais on va la rendre moins violente", explique Xavier Dugoin, le président du Syndicat intercommunal d'aménagement, de réseaux et de cours d'eau (Siarce), précisant que "s'il ne pleut pas, ça devrait tenir".

Il reste encore 100.000 mètres cube disponibles pour dériver une partie du flux de l'Essonne. Au-delà, il sera impossible pour les ouvrages de maîtriser la crue de la rivière, et les 80.000 habitants de la zone seront alors sujettes aux inondations.

F. H. avec Francis Simoes, Julien Jacquet et Anne-Sophie Warmont