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Ils vont passer 3 mois sur Mars... sans quitter terre

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6 volontaires russes et européens vont vivre pendant 105 jours confinés dans un vaisseau pour simuler un vol vers la planète Mars. Observés mais seuls face à l'expérience, « ils n'auront pas droit à l'erreur ».

105 jours confinés pour simuler un vol vers la planète Mars. C'est l'expérience que vont vivre à partir de ce mardi 31 mars 4 russes et 2 européens, à Moscou. Parmi eux, un Français, Cyrille Fournier, 40 ans, pilote de la compagnie Air France, a été choisi parmi plus de 5 600 candidats. Invité sur RMC le 3 mars dernier, il expliquait les conditions de cette expérience : « pendant ces 105 jours, on va vivre confinés, déconnectés du cycle jour-nuit, sans lumière du jour, ni contact avec l'extérieur. On ne va pas chaumer, il y a beaucoup d'expériences à faire. » Les experts vont ainsi pouvoir évaluer scientifiquement les effets physiologiques et psychologiques d'un vol de longue durée dans l'espace.

Tout comme dans un vol vers Mars

D'ici la fin de l'isolement le 14 juillet, ces 6 cobayes vont vivre dans les mêmes conditions qu'un vol vers Mars. Dans un faux vaisseau spatial de 550 mètres cubes, qui demeurera immobile, dans un entrepôt de la banlieue moscovite, tout a été reproduit à l'identique pour simuler un vol : les box de 3m² qui font office de chambres, l'absence de douches, puisque la toilette se fait grâce à des lingettes, des rations calculées d'aliments sous vide, des communications avec l'extérieur qui se feront avec 40 minutes de décalage, le temps pour les ondes radio de faire l'aller-retour entre Mars et la Terre.

« Pas droit à l'erreur »

Une expérience très réaliste qui permettra aux scientifiques d'évaluer l'impact d'un isolement total de plus de 3 mois sur le stress, le sommeil, les hormones et l'humeur de ces 6 cobayes. Une aventure au cours de laquelle « ils n'auront pas droit à l'erreur », comme l'explique Franco Bonacina, porte-parole de l'Agence spatiale européenne qui participe au projet. « Toute une série d'expériences et de simulations à mener à bien, poursuit-il. Il y a aussi une zone qui simule une espèce de capsule d'atterrissage sur la planète rouge : les ingénieurs qui restent au sol vont y injecter des anomalies pour provoquer du stress additionnel, pour voir comment ils réagissent et comment ils vont résoudre les problèmes. Ils devront s'en sortir tous seuls. »

« Un vol habité vers Mars dans 20 ans » ?

Avec une 2ème expérience, de 520 jours cette fois, qui devrait commencer à la fin de l'année, la Nasa espère réaliser un vol réel vers Mars en 2037. Un objectif qui ne semble pas impossible selon Gilles Davidowicz, le consultant espace de RMC : « L'idée d'un vol habité vers Mars est possible ; on a la technologie pour. Mais tout un ensemble de technologies reste à concevoir et à maîtriser pour pouvoir rester sur Mars pendant un mois, dans des locaux sécurisés, et pour pouvoir ramener les astronautes sur Terre. Il faudrait investir plusieurs dizaines de milliards de dollars pour pouvoir réaliser cet exploit. Si, dans les années à venir, on décidait d'entreprendre un tel programme spatial, ça pourrait se faire avant 20 ans. »

La Rédaction, avec Aurélia Manoli