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Effet de serre: la Nasa modélise une année d'émissions de CO2

L'agence américaine a mis en images la modélisation des émissions tant naturelles que d'origine humaine de dioxyde de carbone sur une année. Le résultat est une marée mouvante de gaz à effet de serre envahissant et stagnant dans l'hémisphère nord.

La musique d'inspiration New Age et la voix du scientifique américain sont apaisantes. Mais les volutes colorées d'une vidéo diffusée par la Nasa représentent, en fait, les émissions de CO2 au cours d'une année. En l'occurrence 2006, qui a été choisi pour élaborer cette modélisation informatique nommée GEOS-5 et créée par des scientifiques du Goddard Space Flight Center. En trois minutes, la production de ce gaz à effet de serre, qu'elle soit d'origine naturelle ou due aux activités humaines, et sa circulation dans l'atmosphère terrestre, peuvent être visualisées. Petit à petit, les panaches de CO2 figurés en rouge se répandent un peu partout sur le planisphère, ne présageant rien de bon pour le climat.

L'hémisphère nord, principal pourvoyeur de CO2

La simulation commence au 1er janvier 2006 pour s'achever le 31 décembre de la même année. Le premier constat est que les émissions proviennent et stagnent principalement dans l'hémisphère nord. Les trois principaux foyers de ces tempêtes polluantes proviennent de bassins industriels situés dans l'est des Etats-Unis, l'Europe et la côte est de la Chine.

L'autre enseignement est que les saisons jouent un rôle essentiel dans la concentration du CO2 dans l'atmosphère. Vers la fin du printemps, le nuage rouge géant s'éclaircit. Ce processus coïncide avec le réveil des végétaux à feuilles non persistantes. Ces plantes sont de puissants outils de captation du dioxyde de carbone par le processus de photosynthèse. La moitié du CO2 capturée n'est d'ailleurs par rejetée ensuite dans l'air, mais sert à la croissance de la plante. En revanche, dès le mois d'octobre, autrement dit juste avant l'automne, le fragile équilibre se rompt et les concentrations de CO2 repartent à la hausse.

Toute la question est de savoir jusqu'à quand les puits de carbone naturels, qui captent le surplus de gaz, pourront assurer cet équilibre. Forêts, sols, océans agissent tour à tour comme des sources et comme des puits, mais en exploitant les gisements d'énergie fossile (pétrole, charbon, gaz naturel), l'activité humaine transforme les stocks inertes en rejets atmosphériques. Et l'expression prend tout son sens, en quantités industrielles puisque ces émissions sont évaluées à 40 milliards de tonnes par an.

La plus haute concentration depuis au moins 800.000 ans

Depuis au moins 800.000 ans et possiblement jusqu'à 15 millions d'années, la concentration de dioxyde de carbone actuelle est la plus haute constatée sur Terre, indiquait en juin dernier la Nasa. L'agence américaine avait alors lancé le satellite Orbiting Carbon Observatory-2 (OCO-2) , pour mesurer avec une plus grande précision l'évolution des concentrations et mouvements des gaz à effet de serre.

Grâce à ce nouvel outil, dont les données seront combinées avec celles fournies par les observations terrestres, des avions et d'autres satellites, les scientifiques pourront obtenir des précisions sur le comportement des puits de carbone et leur éventuelle saturation. En enjeu essentiel pour l'avenir climatique de notre planète.