BFMTV

Des scientifiques ont réussi à facilement "trier" les chromosomes X et Y dans du sperme de souris

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - Johannes Eisele - AFP

Certains scientifiques s'inquiètent de la disponibilité d'un tel procédé chez l'humain et pour le grand public, particulièrement dans les sociétés où sont favorisées les naissances de garçons.

Il existe déjà plusieurs techniques avant de sélectionner avec plus ou moins de succès le sexe d'un bébé à naître avant insémination, comme la coloration du sperme ou le diagnostic préimplantatoire (interdit en France pour le choix du sexe). 

Ces techniques sont cependant laborieuses et coûteuses. Cela pourrait bien évoluer avec la découverte de scientifiques japonais, publiée le 13 août dernier dans la revue Plos Biology.

C'est par hasard que ces chercheurs ont découvert en étudiant du sperme de souris que 492 gènes présents dans le sperme transportant le chromosome X ne l'étaient pas dans celui contenant le chromosome Y. Dix-huit de ces gènes codent des protéines protubérant à la surface de la cellule. 

Les chercheurs de l'université de Hiroshima se sont concentrés sur deux d'entre elles et les ont ralenties en les faisant réagir à du resiquimod - un médicament qui agit comme un modificateur de la réponse immunitaire. New Scientist explique que grâce à cette technique, ils ont obtenu des souriceaux femelles 81% du temps en utilisant le sperme "le plus lent", et 90% de mâles en prenant le plus "rapide". 

Une technique aussi testée chez les porcs et le bétail

Cette technique, précisent les auteurs de l'étude, a aussi été testée et prouvée efficace chez les porcs et le bétail. Si certains y voient une manière - un peu plus - "éthique" d'organiser l'élevage et éviter l'abattage de veaux là où les femelles sont utilisées pour le lait et les mâles préférés pour leur viande, la facilité de cette technique peut déconcerter si elle est appliquée aux humains. 

Cela pourrait prendre une dizaine d'années pour en faire une technique commercialisable, prévient dans New Scientist le Dr. George Seidel, de l'université du Colorado, qui juge toutefois le procédé "plutôt convaincant". 

"Je m'inquiète des impacts sociétaux", déclare d'un autre côté le Dr. Alireza Fazeli de l'université de Tartu, en Estonie. "C'est très simple. Vous pourriez commencer à le faire dans votre chambre, personne ne pourrait vous en empêcher", imagine-t-il dans le cas par exemple où le procédé des chercheurs japonais serait concrétisé en gel.

Une gigantesque étude datant d'avril dernier s'est penchée sur les avortements en fonction du sexe du bébé depuis 1970. Dans certaines sociétés, les couples ont longtemps favorisé le fait d'avoir un garçon. Selon ces recherches, par rapport au ratio moyen habituel entre filles et garçons, 23 millions de filles supplémentaires auraient ainsi pu naître, particulièrement en Chine et en Inde. Le ratio a pourtant tendance à s'égaliser. 
Liv Audigane