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Des scientifiques ont créé une main de robot capable de transpirer

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Fabriquée à base d'hydrogel, cette main pourrait ouvrir la voie à de nouveaux robots, capables de glisser au lieu de marcher, de libérer des fluides afin de se nettoyer seuls ou encore d'absorber et digérer des nutriments.

La transpiration n'est plus seulement l'affaire d'humains. Des chercheurs ont mis au point une main de robot capable de réguler naturellement sa température en suant, a relaté le Guardian mercredi. Si en tant que telle cette nouvelle invention n'a pas d'application concrète, elle pourrait en revanche permettre la création de nouveaux types de robots dans le futur.

"Comme c'est souvent le cas, la biologie a été un excellent modèle pour nous autres ingénieurs", souligne TJ Wallin, un chercheur qui a travaillé sur ce projet à l'Université Cornell de New York, interrogé par le Guardian. Qui ajoute: "La capacité à transpirer est l'une des caractéristiques les plus remarquables de l'Homme."

Des doigts fabriqués avec une imprimante 3D

Fabriqués avec une imprimante 3D, les doigts de cette main, faits en hydrogel, sont composés à 50% d'eau. Une première couche d'hydrogel rigide en recouvre une autre, plus souple et poreuse. Ces pores, larges d'un cinquième de millimètre, se dilatent au contact de la chaleur, permettant à l'hydrogel de transpirer.

"La meilleure partie de cette expérience est que la régulation thermique est basée sur le matériau uniquement. Nous n'avons pas eu besoin d'ajouter des capteurs ou d'autres composants pour contrôler les taux de transpiration", détaille TJ Wallin au Guardian.

Mais la main pourrait perdre en adhérence et ses doigts devenir trop glissants. Un problème qui pourrait être résolu, selon Robert Shepherd, directeur du projet, en ajoutant de l'adhérence aux doigts et en régulant l'eau de la main.

Vers des robots qui digèrent des nutriments? 

Cette main transpirante pourrait ouvrir la voie à de nouveaux robots, capables de glisser au lieu de marcher, de libérer des fluides afin de se nettoyer seuls ou encore d'absorber et digérer des nutriments, selon les scientifiques à l'origine du projet.

"Si les futurs robots pouvaient se refroidir naturellement, ils pourraient bien mieux fonctionner dans une gamme beaucoup plus large d'environnements. Les humains peuvent survivre dans la chaleur du Sahara et dans les conditions glaciales de l'Antarctique. Les futurs robots devraient pouvoir en faire de même", assure, toujours au Guardian, Jonathan Rossiter, professeur au laboratoire de robotique de Bristol.
Alexandra Jaegy