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Des scientifiques australiens ressuscitent une bière de plus de deux cents ans d'âge

Le Miller Lite Beer Hall à New York. (Photo d'illustration)

Le Miller Lite Beer Hall à New York. (Photo d'illustration) - EUGENE GOLOGURSKY - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Des bouteilles surgies du fond des océans, où elles étaient restées plus de deux siècles après le naufrage du bateau qui les transportait, ont permis à des savants australiens de fabriquer une bière des plus rares.

Dans le monde de la science, certains défis tiennent presque de la blague potache. Celui qu’ont relevé David Thurrowgood, chimiste devenu conservateur du musée de la reine Victoria de Launceston en Tasmanie et Anthony Borneman, scientifique à l’Australian Wine Research Institute en fait partie: ils ont réussi à fabriquer une bière fraîche à partir de la levure contenue par une bouteille perdue dans le fond des océans pendant deux siècles.

Indemnes malgré le naufrage

Leur histoire est racontée dans cet article de Mashable qui commence par une autre. En 1797, un navire commercial quitte Calcutta pour rejoindre Port-Jackson en Australie. Malheureusement, il prend l’eau dans le détroit de Bass et coule au large de l’île australienne de Tasmanie. L’équipage est secouru mais pas la cargaison marchande…ni les boissons que ce petit monde espérait bien consommer.

En 1990, les bières sont retrouvées dans les profondeurs marines. Grâce aux bancs de sable et aux prairies sous-marines qui les ont environnées pendant deux cents ans ou presque, les quelques bouteilles intactes sont en excellent état, imperméables à l’oxygène.

La plus vieille bière du monde

Mais c’est seulement une vingtaine d’années plus tard que la bière pourra être ressuscitée. Il y a dix-huit mois, décrit l’International Business Times, David Thurrowgood regarde le stock du musée de la reine Victoria dont il vient de devenir conservateur. Dans certaines bouteilles, il remarque un liquide. Il se demande alors s'il est possible que de la levure subsiste au bout de tant d'années.

Il contacte alors l’expert en levure de l’Australian Wine Research Institute, Anthony Borneman, et assistés de quelques autres scientifiques, ils tentent de devenir les brasseurs du très ancien breuvage. Ils parviennent à cultiver deux extraits de levure dans un bouillon de nutriments. Ils en tirent alors une bière blonde artisanale, très honnête, selon leurs dires.

Mais les scientifiques ont eu un moment le soupçon que leur levure soit en fait un effet atypique du long confinement des éléments dans la bouteille, et non le liquide initial. Des analyses conduites en laboratoire ont cependant permis de certifier que la levure était d’origine. De quoi trinquer l’esprit léger. 

R.V