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Conquête de Mars: le propulseur EM Drive promet un voyage en 70 jours

L'EM Drive adopte une forme conique pour générer une poussée. Il est en cuivre.

L'EM Drive adopte une forme conique pour générer une poussée. Il est en cuivre. - SPR, Ltd., of the EMdrive

Sur le papier, ce système de propulsion ne devrait pas fonctionner. Après la Nasa, d'autres scientifiques confirment qu'il produit bien une poussée. Mais attention à ne pas s'emballer, les sceptiques restent nombreux.

Imaginez un moteur fonctionnant sans carburant, à l'infini, et capable d'emmener un vaisseau à des vitesses jamais vues auparavant. De la science-fiction? Certains, dont la Nasa, y croient pourtant. Etape importante, cette technologie qui répond au nom d'"EM Drive", a été validée "par ses pairs" dans une publication scientifique au sein du journal de l'AIAA, (American Institute of Aeronautics) spécialisé dans l'ingénierie spatiale.

Cela ne certifie nullement que ce système sera capable de propulser un vaisseau vers Mars en 70 jours, comme certains l'avancent, mais seulement que d'autres scientifiques que ceux de l'équipe du laboratoire Eagleworks ont validé les premiers résultats.

Une extraordinaire promesse

Si l'EM Drive déchaîne autant de passions dans la communauté scientifique, c'est parce qu'il défie les lois fondamentales de la physique newtonienne. En l'occurrence la troisième loi dite de conservation du mouvement, qui veut que toute action entraîne une réaction contraire équivalente. Ainsi, le sol et l'air exercent en retour à la fusée qui décolle une résistance équivalente à sa poussée.

En prétendant défier cette loi élémentaire, l'EM Drive a été pendant une quinzaine d'années, depuis son invention par le scientifique britannique Roger Shawyer en 1999, la risée de la communauté scientifique. Avant de réapparaître récemment et contre toute attente, comme une solution de propulsion envisageable.

Le système de propulsion, pour schématiser, met à contribution une propriété des micro-ondes: leur capacité à rebondir indéfiniment d'une paroi à l'autre d'un conteneur fermé. Ces ondes sont elles-mêmes générées par un courant électrique. Sans qu'on puisse l'expliquer, même si des théories de physique quantique se proposent de le faire, ce moteur en forme conique produit une poussée. Selon les calculs scientifiques, l'EM Drive pourrait emmener un vaisseau à une vitesse vertigineuse de 724 millions de km/h. Et ce, sans nécessiter de carburant, tel le propergol, dont les réserves à emporter pour parcourir de longues distances sont telles qu'elles handicapent sérieusement nos velléités de conquête spatiale.

Des raisons de rester encore prudent

Si la technologie fonctionne, la Lune ne serait plus qu'à quatre heures de trajet de la Terre, contre plusieurs jours actuellement. En 1969, Neil Armstrong et ses coéquipiers avaient ainsi mis quatre jours et sept heures pour s'y rendre.

Mais si les premiers résultats positifs semblent se confirmer, beaucoup de scientifiques pensent qu'une faille va être mise au jour et que tout cela est trop beau pour être vrai. Ainsi l'équipe chinoise qui avait également expérimenté avec succès sa version de l'EM Drive, se serait finalement rétractée. Une équipe allemande avait aussi mesuré une poussée, mais comme pour l'équipe chinoise, elle était si faible qu'elle relevait de la marge d'erreur.

La critique principale dirigée contre ces expériences reste que celles-ci n'ont pas été conduites dans un environnement de vide. A l'inverse, d'ailleurs, de celle d'Eagleworks. L'avenir dira si cette technologie nous permettra d'atteindre dans des temps de trajet raisonnables d'autres étoiles, comme Alpha Centauri.

>> Ci-dessous, une présentation sous-titrée de l'EM Drive par Roger Shawyer

David Namias