BFMTV

Collision de trains dans l'est de l'Inde, au moins 65 morts

Des rebelles maoïstes sont soupçonnés d'avoir provoqué la mort d'au moins 65 personnes dans l'est de l'Inde en sabotant un train à grande vitesse, qui a été percuté par un train de marchandises venant en sens inverse. Le train de passagers venait de Bomba

Des rebelles maoïstes sont soupçonnés d'avoir provoqué la mort d'au moins 65 personnes dans l'est de l'Inde en sabotant un train à grande vitesse, qui a été percuté par un train de marchandises venant en sens inverse. Le train de passagers venait de Bomba - -

NEW DELHI - Des rebelles maoïstes sont soupçonnés d'avoir provoqué la mort d'au moins 65 personnes dans l'est de l'Inde en sabotant un train à...

par Bappa Majumdar et Krittivas Mukherjee

NEW DELHI (Reuters) - Des rebelles maoïstes ont provoqué la mort d'au moins 71 personnes vendredi dans l'est de l'Inde en faisant dérailler un train à grande vitesse, qui a été percuté par un train de marchandises venant en sens inverse.

La collision a fait en outre au moins 200 blessés et le bilan pourrait s'aggraver dans les heures qui viennent.

"C'est l'oeuvre des maoïstes", a déclaré Bhupinder Singh, chef de la police de l'Etat du Bengale occidental, où s'est produite la catastrophe. Il a ajouté que les rebelles avaient revendiqué la responsabilité du sabotage.

"Il semble qu'il s'agit d'un sabotage. Des rails ont été enlevés. On ne sait pas bien encore si des explosifs ont été utilisés", a dit de son côté le ministre indien de l'Intérieur, P. Chidamrabam.

"Le bilan s'établit à 71 morts mais pourrait augmenter", a dit un porte-parole des chemins de fer. La télévision locale a diffusé des images montrant les épaves disloquées des wagons où de nombreux passagers sont encore prisonniers.

L'express Gyaneshwari venait de Bombay et se dirigeait vers Calcutta, capitale de l'Etat du Bengale occidental.

Son déraillement a entraîné plusieurs voitures sur l'autre voie, où ils ont été percutés par un train de marchandises qui venait en sens inverse.

L'accident s'est produit vers 01h30 du matin (20h00 GMT jeudi) dans le secteur de Jhargram. Cette région est connue pour être un bastion de rebelles maoïstes, et l'attaque devrait accroître la pression sur le gouvernement indien pour qu'il mette fin à la rébellion, qui dure depuis quarante ans.

SCÈNE DE CHAOS

Les rebelles maoïstes, qui attaquent fréquemment les forces de police, les édifices publics et les infrastructures, ont intensifié leurs attaques ces derniers mois en riposte à une offensive de l'armée, qui essaye de les déloger de leurs bases dans la jungle. En 2009, on a enregistré un millier d'actes de violence qui ont fait environ 600 morts.

Les insurgés, qui seraient selon New Delhi au nombre de 20.000 avec un noyau dur de 6.000 à 8.000 combattants, ont fait exploser un bus ce mois-ci dans l'Etat de Chhattisgarh, faisant 35 morts. En avril, 76 policiers ont péri dans un autre attentat.

Selon le Premier ministre Manmohan Singh, ce mouvement est la première menace interne à la sécurité de l'Inde.

Un journaliste du journal Telegraph sur les lieux de l'attentat a décrit une scène de chaos.

"Je peux voir au moins quatre voitures de passagers complètement disloquées, et de nombreux corps écrasés sous le train de marchandises", a rapporté Naresh Jana.

"Les gens sont en larmes. Des sauveteurs essayent de secourir les survivants et de dégager les corps. Je vois des morceaux de corps qui sortent des compartiments et sous les roues. J'entends des gens, des femmes, qui crient à l'aide de l'intérieur des voitures."

Les maoïstes, qui affirment lutter pour les droits des pauvres et des sans-terre, ont déjà attaqué des trains par le passé, surtout dans l'Est.

Gregory Schwartz, Pascal Liétout et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser