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Cœur artificiel Carmat: le second implanté a repris une "vie normale"

Un employé de Carmat inspecte un coeur artificiel, à Vélizy-Villacoublay, le 24 septembre 2009.

Un employé de Carmat inspecte un coeur artificiel, à Vélizy-Villacoublay, le 24 septembre 2009. - Franck Fife - AFP

C'est une première médicale mondiale, annoncée lundi par l'un des plus grands spécialistes de la cardiologie, le Pr Alain Carpentier: le deuxième patient implanté du cœur artificiel Carmat a pu rentrer chez lui, cinq mois après son intervention. Et il se porte comme un cœur.

Cette journée marquera l'histoire de la médecine. Fait inédit, le deuxième patient implanté du cœur artificiel Carmat le 5 août 2014, a pu rentrer chez lui le 2 janvier dernier.

Cinq mois après son intervention, il se porte très bien et a donc pu logiquement regagner son domicile, une première mondiale révélée ce lundi au Parisien-Aujourd'hui en France par le professeur Carpentier, l'inventeur de cette prothèse révolutionnaire, surnommé "le pape de la cardiologie".

Etape cruciale

Le premier patient implanté en décembre 2013, Claude Dany, avait survécu soixante-quatorze jours. Et c'est grâce à cette première expérience, que l'équipe médicale du Pr Carpentier a pu franchir cette étape cruciale. Avec succès.

Marié et père de deux enfants, ce second patient, un homme âgé de 68 ans, souffrait d'une insuffisance cardiaque très avancée au point d'en être alité. Il savait que ses jours étaient comptés. Aujourd'hui, il peut reprendre une vie presque normale: sa seule contrainte, porter - ou garder près de soi - une sacoche de moins de 3 kilos, qui lui permet d'alimenter et de surveiller son cœur artificiel.

"Ce malade est un miracle"

"Ce malade est un miracle", a déclaré au Parisien avec émotion Alain Carpentier, qui a commencé ses recherches il a 35 ans. "Il y a trois semaines, j'ai passé une demi-journée avec lui, reprend-il, et c'était une expérience bouleversante. (…) Cinq mois après son opération, j'ai découvert un homme qui marche mieux que moi!"

"Ce cœur a cette propriété fabuleuse, c'est qu'il s'adapte à l'effort: il s'accélère, a expliqué Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV. La nuit, quand vous vous mettez au repos, il se met au repos. Donc on a une prothèse qui mime le corps normal. On l'a un tout petit peu modifiée, ajustée, parce qu'on s'est rendu compte - c'est tout bête - qu'il y avait un petit composant qui chauffait. On réglé ce problème-là, et surtout, on a appris au cœur à monter en puissance progressivement, comme quand vous réadaptez quelqu'un. On a commencé doucement, et puis progressivement, aujourd'hui, son cœur est en pleine forme".

Sélection de nouveaux candidats

Forte de ce succès, l'équipe médicale du Pr Carpentier devrait bientôt implanter quatre nouveaux malades, tous atteints d'insuffisance cardiaque au stade terminal. Et le processus de sélections des candidats sera poursuivie. Les malades éligibles seront sélectionnés par leurs cardiologues, explique Le Parisien, puis opérés par cette même équipe.

Pour l'heure, seuls les hommes ou 20% des femmes pourront concourir à l'expérience médicale, à cause de la taille de la prothèse, conçue pour durer cinq mois. Mais ce n'est qu'un début. "A l'avenir, je pense que les patients pourront renter chez eux dans le mois qui suit l'opération, poursuit le pr Carpentier, sans console, ni bruit, ni lourd traitement anticoagulant". Un avenir plein de promesses.

Caroline PIQUET