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Cancer: le droit à l'oubli, "une immense avancée pour les patients"

Professeur Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du Cancer

Professeur Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du Cancer - -

C'est l'une des priorités du plan cancer présenté mardi par François Hollande : le droit à l'oubli. Le président Hollande veut que les assurances et les banques cessent de demander dans leurs questionnaires si leurs clients ont eu un jour un cancer.

Les anciens malades ont droit à l'oubli. C'est une des pistes du 3e plan cancer 2014-2018 présenté mardi par François Hollande. Le droit à l'oubli, pour qu'une personne guérie ne soit plus un malade en puissance aux yeux de la société. François Hollande veut en effet que les assurances et les banques cessent de demander dans leurs questionnaires si leurs clients ont eu un jour un cancer. Des négociations vont être lancées, et en cas d'échec, le chef de l'Etat menace de passer par la loi. Pour le professeur Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du Cancer et invité mercredi sur RMC (voir la vidéo), cette annonce est une avancée majeure notamment pour les enfants qui ont été traités pour un cancer et qui luttent pour obtenir un emprunt quinze ou vingt ans après la rémission de la maladie.

"Je n'ai pas choisi d'être malade"

Matthieu a 20 ans quand le monde lui tombe sur la tête. Un cancer, la maladie de Hodgkin. 4 ans plus tard il se sent guéri, il aimerait acheter un appartement. Mais il le sait, c'est trop compliqué. Avec les banques et les assurances il se heurte à des murs. "Je ne fais même pas la démarche pour faire les dossiers", explique-t-il. Et pour Matthieu c'est la double peine. "Je n'ai pas choisi d'être malade. On nous dit de faire des projets sauf que pour une personne classique c'est par exemple acheter un bien. En plus ça peut poser des problèmes dans les couples. Le conjoint se dit qu'avec une personne "valide", elle aurait pu avoir un prêt. Ca nous rappelle qu'on est malade, qu'on a été malade". Matthieu espère maintenant que le droit à l'oubli promis par François Hollande ne restera pas seulement une belle formule.

La rédaction avec M. Dupin