BFMTV

BP lance une nouvelle tentative pour colmater son puits

Capture d'écran d'une vidéo diffusée par BP montrant le déroulement de la procédure "top kill", qui consiste à injecter des fluides épais dans le puits de pétrole endommagé dans le Golfe du Mexique. La compagnie pétrolière britannique a entamé mercredi ce

Capture d'écran d'une vidéo diffusée par BP montrant le déroulement de la procédure "top kill", qui consiste à injecter des fluides épais dans le puits de pétrole endommagé dans le Golfe du Mexique. La compagnie pétrolière britannique a entamé mercredi ce - -

par Chris Baltimore et Tom Bergin HOUSTON - La compagnie BP a entamé mercredi une procédure délicate, baptisée "top kill", en vue de colmater la...

par Chris Baltimore et Tom Bergin

HOUSTON (Reuters) - La compagnie BP a entamé mercredi une procédure délicate, baptisée "top kill", en vue de colmater la fuite à l'origine d'une gigantesque marée noire dans le golfe du Mexique, mais le président Barack Obama a prévenu l'opinion que le succès de l'opération n'était pas garanti.

Le gouvernement américain exerce d'intenses pressions sur la compagnie pétrolière pour qu'elle mette fin rapidement à ce qui risque de devenir une catastrophe écologique sans précédent aux Etats-Unis, où elle suscite une tempête politique.

Si elle réussit, la nouvelle tentative de colmatage à laquelle procède BP devrait fortement réduire, voire supprimer, la fuite de pétrole brut qui se répand dans le golfe, a déclaré Obama lors d'un déplacement en Californie.

"Nous n'aurons de repos que lorsque ce puits sera fermé, que l'on aura remédié aux atteintes à l'environnement et que le nettoyage sera complet", a ajouté le chef de la Maison blanche.

Pour sa nouvelle tentative, BP comptait utiliser des robots sous-marins afin d'injecter des fluides épais dans le puits, puis du ciment, dans l'espoir de l'obstruer. La fuite se situe à 1.600 mètres sous le niveau de la mer et la manoeuvre "top kill" n'a jamais été tentée à une telle profondeur.

Dans un communiqué, BP précise avoir engagé l'opération à 18h00 GMT. Le secrétaire à l'Intérieur Ken Salazar semble avoir précédé les faits en déclarant une heure plus tôt à des journalistes que la procédure était déjà en cours.

Washington s'impatiente et les riverains des zones affectées redoutent l'impact de la marée noire sur la faune et la flore.

SUCCÈS NON GARANTI

La fuite menace certaines des plus riches pêcheries des Etats-Unis et a déjà souillé plus de 110 km de littoral louisianais sur un total de 644. Les analystes estiment que la catastrophe risque en outre de coûter des voix aux démocrates lors des élections de mi-mandat, en novembre.

Les garde-côtes américains ont approuvé l'opération "top kill", qui constitue l'effort le plus ambitieux à ce jour pour obturer le puits endommagé. Salazar a dit ne pas savoir combien de temps il faudrait aux équipes de BP pour colmater la fuite.

BP a perdu 50 milliards de capitalisation boursière depuis l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, le 20 avril. À l'annonce d'une possible nouvelle tentative de colmatage, l'action a repris 2% environ à la Bourse de Londres.

En cas de nouvel échec, l'administration Obama pourrait se voir contrainte de prendre en main les efforts contre la marée noire. Elle s'y est refusée jusqu'ici en notant que BP était légalement responsable de la réparation des dégâts et possédait le savoir-faire technique pour remédier au problème.

Des ingénieurs de BP et des scientifiques ont effectué mercredi une série de tests pour déterminer les chances de succès de l'opération et les risques d'aggravation de la fuite.

Si elle échoue, a dit à NBC le directeur général de BP, Tony Hayward, "la prochaine étape sera d'installer un dispositif de confinement qui sera fixé sur le sommet du bloc obturateur de puits, c'est-à-dire sur le fond de la mer, et il sera déployé dans un délai de trois ou quatre jours si le 'top kill' échoue".

BP a estimé à 60 à 70% les chances de réussite du "top kill". Des experts pétroliers participant au Reuters Global Energy Summit évaluaient ces chances à 50% mais ils minimisaient les risques de voir la fuite s'aggraver.

"Si cela réussit, et rien n'est garanti à cet égard, cela devrait grandement réduire ou supprimer le flux de pétrole qui s'écoule actuellement dans le golfe", a dit pour sa part Obama.

D'après un sondage CBS, 70% des Américains désapprouvent la manière dont BP gère la crise et 45% ont une opinion négative de l'attitude de l'administration Obama.

Avec Kristin Hays à Houston, Pascal Fletcher à Miami, Susan Heavey et Tom Doggett à Washington; Gregory Schwartz, Nicole Dupont et Philippe Bas-Rabérin pour le service français